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Livre "La jeune fille et Gainsbourg" de Constance Meyer Editions Archipoche 2010/2016

Publié le par Annie et Kristel

"La vie ne vaut d'être vécue sans amour", extrait de "La Javanaise", titre signé Serge Gainsbourg.

A l'occasion des 30 ans de la disparition de Serge Gainsbourg survenue le 2 mars 1991, nous avons souhaité lui rendre hommage à notre façon en vous faisant découvrir "La jeune fille et Gainsbourg" de Constance Meyer, qui fut le dernier amour, caché, de ce grand artiste.

 Présentation : Paris, automne 1985. Une adolescente de 16 ans, la tête emplie de rêves, dépose une longue lettre sous la porte de Serge Gainsbourg au 5 bis rue de Verneuil. Quelques heures plus tard, celui-ci l'appelle et l'invite à dîner. C'est le début d'une histoire d'amour qui durera 5 années, les dernières de la vie du musicien jusqu'à sa disparition en mars 1991. Serge et Constance se voient régulièrement, chez lui ou ailleurs. Restaurant, séance de travail, boîte de nuit, émission TV, virée au commissariat voisin, palace parisien, nuits blanches : ils partagent nombre d'excentricités. "Constant dans l'inconstance/ Tu ne sais pas où tu vas" écrit Serge dans "Sois plus doux avec moi" en forme de clin d'œil. Constance Meyer n'avait jamais fait publiquement état de cette relation. 25 ans plus tard, elle nous livre ce récit personnel, tendre et poétique, dédié à une icône de la chanson française et à un être hors norme. Ses mots, pour quitter le silence du secret, servent de thérapie à la jeune fille passionnée par la photographie et l'écriture devenue femme.

 Après "Lise et Lulu" de sa première épouse Lise Lévitsky, également paru en 2010 (chroniqué sur notre blog), "La jeune fille et Gainsbourg" de Constance Meyer, dernière femme de sa vie, propose une nouvelle approche intime du légendaire Serge Gainsbourg, comme les deux faces d'une même pièce. Pour info, "La jeune fille et Gainsbourg", déjà publié par L'archipel, a bénéficié en 2016 d'une nouvelle édition augmentée chez Archipoche. Agrémentées de nombreuses anecdotes sur ses rencontres avec Jean-Jacques Debout, le regretté Gilles Verlant et bien d'autres, ses souvenirs, son expérience d'auteure, en somme son existence après le Maître, ces quelques pages supplémentaires offrent un autre éclairage à ce témoignage touchant, pudique, par celle qu'on surnommait "L'étudiante", une histoire après tout pas si secrète. Constance Meyer aura réussi, malgré leur différence d'âge et le fait que L'homme à la tête de chou soit alors en couple avec Bambou, à lui apporter sa fraîcheur, sa jeunesse et paradoxalement sa maturité en éclairant les ultimes moments de sa vie.

Serge Gainsbourg, un homme contradictoire, resté au fond de lui un grand enfant, vulnérable, mais aussi provocateur de génie...

Livre "La jeune fille et Gainsbourg" de Constance Meyer Editions Archipoche 2010/2016

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Série "Poldark" Saison 1 à 5 DVD Koba Films 2015/2020

Publié le par Annie et Kristel

Zoom sur la série "Poldark" qui vient de s'achever après cinq saisons passionnantes...

L'histoire : 1783 en Cornouailles. Ross Poldark, donné pour mort lors de la guerre d'Indépendance en Amérique, revient sur sa terre natale frappée par la récession. Son père est décédé, la mine dont il devait hériter a fermé, et Elizabeth, sa promise, s'est mariée avec son cousin Francis. Trahi par les siens, Ross Poldark tente de reconstruire sa vie auprès de Demelza.

Difficile de définir la série britannique "Poldark" sans évoquer son côté romanesque, ses superbes paysages, et surtout la popularité du héros Ross Poldark, brillamment interprété par Aidan Turner. Bien sûr, les sentiments y sont présents avec les femmes de sa vie, Elizabeth (Heida Reed), son amour de jeunesse, et Demelza (Eleanor Tomlinson), sa flamboyante épouse, avec qui Ross fondera une famille lui permettant de trouver une certaine stabilité.

Sous des aspects fragiles, Demelza, est un personnage fort, indépendant, auquel on peut facilement s'identifier grâce à l'audace de sa modernité, n'ayant pas peur de dire ce qu'elle pense, prête à tout pour défendre et protéger les siens, à une époque où la gent féminine n'était destinée qu'au mariage et à donner une descendance à leurs époux. Cela occasionne de nombreux problèmes à Demelza et à ses frères dont elle est restée très proche, de surcroît, d'un milieu social moins favorisé que Ross. Un couple vedette, ciment de la série, dont l'union est parsemée de coups d'éclat et d'intenses retrouvailles.

Ross, quand à lui, a un côté sombre, impulsif, et son amour pour Demelza est mis à rude épreuve en raison de ses sentiments qu'il croit toujours éprouver pour Elizabeth. Mais ce serait réducteur de ne résumer la série qu'à cela, le contexte social durant cette période troublée de l'Angleterre, hantée par le spectre de la Révolution française, y occupant également une place importante. La pauvreté et la famine omniprésentes, les rivalités, notamment celle entre Ross Poldark et son ennemi George Warleggan (Jack Farthing), second époux d'Elizabeth, dont la jalousie envers celui qu'il pense être son rival devient maladive, les trahisons, le désir d'accéder à un rang plus élevé, les inégalités, les faux-semblants, la politique avec tous ses rouages dont l'espionnage, la quête de pouvoir, enrichissent cette fresque emplie des tourments de l'Histoire.

Ross, héros au grand cœur qui partage sa vie entre les Cornouailles et Londres, se bat contre les injustices, pour sauver sa mine ainsi que ses travailleurs, n'hésitant pas à braver le danger et à risquer sa vie parmi eux dans les entrailles de la terre ou à distribuer avec son épouse des vivres pour les familles des mineurs.

En outre, "Poldark" bénéficie d'une reconstitution minutieuse et grandiose dans les moindres détails : costumes, décors, sans oublier les magnifiques et incontournables falaises que les personnages arpentent régulièrement pour notre plus grand plaisir, témoins silencieux de leur destinée.

A noter que "Poldark" se conclut au terme de sa cinquième saison, au grand dam de ses nombreux (ses) fans. Et pour cause, la série, inspirée des romans signés Winston Graham, ne pouvait poursuivre l'aventure en l'état, l'auteur ayant choisi de faire l'impasse sur dix années avant de commencer son huitième tome "The stranger from the sea", la saga en comptant douze. Cependant, l'ultime saison puise son inspiration dans cet ouvrage comme l'explique très justement la créatrice de "Poldark", Debbie Horsfield : "Dans "The stranger from the sea", Winston Graham a laissé de nombreuses références aux événements censés s'être déroulés pendant ces années d'ellipse. On peut aussi déduire beaucoup de choses. Il y a bien sûr des intrigues et des personnages historiques, aussi bien dans les Cornouailles qu'à Londres. La saison cinq s'inspire de tout cela pour suivre la vie des Poldark, de George Warleggan et de bien d'autres dans cette période transitoire."

"Poldark" est une série mêlant histoire, sentiments, action, aux multiples rebondissements, qui vous fera vibrer au rythme des saisons toujours plus palpitantes, dans une Angleterre encore bien loin du Brexit...

Série "Poldark" Saison 1 à 5 DVD Koba Films 2015/2020

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Clip "Si je n'avais pas peur" Live des Mauvaises Langues 2019/2021

Publié le par Annie et Kristel

Souvenez-vous...

Au printemps 2019, nous vous présentions notre coup de cœur musical, Les Mauvaises Langues, un groupe Lillois composé de quatre excellents musiciens : Philippe Moreau (chant), Hervé Poinas (basse), Bertrand Denèle (guitare) et Laurent Combes (batterie), pour la sortie de leur septième album "Pourquoi, Comment ?" emmené par le single clippé "Passager, Passagère", une chanson entraînante, positive.

Aujourd'hui, nous les retrouvons avec leur nouveau single Live "Si je n'avais pas peur", également extrait de leur opus, enregistré et filmé le 17 octobre 2019 au théâtre Sébastopol de Lille, devant 1300 spectateurs pour célébrer les 20 ans de scène des Mauvaises Langues. Nous connaissions ce titre touchant en version studio grâce à notre écoute de l'album "Pourquoi, Comment ?", mais ici, "Si je n'avais pas peur" prend une dimension différente, impressionnante, puissante, renforcée par l'accompagnement des 55 choristes et des 12 musiciens classiques de l'ensemble Divertimento. Cette vidéo nous fait prendre conscience, alors que les salles de spectacles sont fermées et toute l'industrie artistique quasiment à l'arrêt, à quel point tous ces événements nous manquent, comme le plaisir de nous replonger dans la chaude ambiance des concerts, partager ces moments de communion et de passion, d'exaltation.

En attendant des jours meilleurs, vous pouvez vous réconforter en visionnant le clip Live de "Si je n'avais pas peur" et, pourquoi pas, (ré)écouter l'album "Pourquoi, Comment ?" des Mauvaises Langues dans lequel figure cette chanson enregistrée en studio.

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Clip "No Ordinary Love" de Sade 1992

Publié le par Annie et Kristel

Dans le rétro...

C'est en écrivant notre dernière chronique consacrée à l'excellent film "Une Sirène à Paris" de Mathias Malzieu, que nous avons fait le rapprochement avec le titre "No Ordinary Love" de Sade accompagnée de sa magnifique vidéo signée Sophie Muller, réalisatrice et photographe britannique. Un thème similaire, celui d'une sirène et d'un amour insaisissable. Une évidence qui nous a incité à partager le lien de notre article dans notre story Facebook avec cette chanson en habillage sonore.

Tout commence avec une sirène interprétée par Sade Adu éprise d'un jeune marin tombé à l'eau et avec qui elle a échangé un baiser dans une étreinte fugace. Au fond de sa demeure, l'océan, elle repense à lui. Puis, elle feuillette un magazine qui lui donne l'idée de se confectionner une robe de mariée. Après l'avoir revêtue et être devenue humaine, elle nage jusqu'au rivage dans l'espoir de le retrouver et de s'unir à lui. Arrivée sur la terre ferme, elle part à sa recherche dans les rues animées de la ville tout en se jetant du riz, inversant ainsi cette tradition de mariage. Sade entre ensuite dans un bar et boit de l'eau salée afin de survivre. Malgré ses efforts, ses recherches sont vaines. Impossible de revoir son amour. La jeune femme est dévastée par son absence. Ses pas la mènent jusqu'au port en attendant de redevenir celle qu'elle a toujours été, une sirène.

Bien que datant de 1992, "No Ordinary Love" reste intemporel grâce à la beauté et à la poésie de sa chanson et de son clip, tout à fait dans l'esprit de l'univers Sade, sensuel, soul, jazzy et mélancolique. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, Sade est un groupe anglais, à l'origine des tubes "Your Love Is King", "Smooth Operator" ou "The Sweetest Taboo". Baptisée du prénom abrégé de sa chanteuse, Sade Adu, la formation se compose actuellement de Stuart Matthewman (saxophone, guitare), Andrew Hale (claviers) et Paul Spencer Denman (basse).

Malgré de bons avis critiques, "No Ordinary Love", premier single extrait du quatrième album de Sade "Love Deluxe", a reçu un accueil plus modeste de la part du public, n'atteignant jamais les sommets des charts, ce qui ne l'a pas empêché de remporter un Grammy Award pour la meilleure performance R&B dans la catégorie duo ou groupe non instrumental en 1994. A noter que le titre, d'une durée de 7'20 est l'un des plus longs de Sade, tandis que la version clippée a été raccourcie, passant à 4'01.

Le temps et la nostalgie aidants, "No Ordinary Love" a gagné ses lettres de noblesse jusqu'à devenir culte, repris dans des films ("Proposition Indécente" en 1993, bien que ne figurant pas dans la BOF), séries ("30 Rock", l'animé "American Dad") pour ne citer qu'eux, souvent dans un esprit de séduction, et par des artistes tels que le groupe Deftones (Feat Jonah Matranga, dont le chanteur Chino Moreno, est fan de Sade), Richard Marx, et surtout Pink avec Dallas Green, etc.

Photo extraite de l'album "Soldier Of Love" (2010) de Sade par Sophie Muller qui avait réalisé le clip "No Ordinary Love"

Une belle revanche pour le groupe emmené par la discrète et trop rare Sade Adu. Culte, assurément...

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Film "Une sirène à Paris" de Mathias Malzieu DVD Sony 2019/2020

Publié le par Annie et Kristel

Après "Jack et la mécanique du cœur", Mathias Malzieu du groupe Dyonisos nous emporte une nouvelle fois dans un univers créatif merveilleux...

L'histoire : Crooner au cœur brisé, Gaspard s'était juré de ne plus retomber amoureux. Quand à Lula, jolie sirène, elle n'a que le chant pour se défendre des hommes, en faisant s'emballer leur cœur jusqu'à l'explosion. Lorsque la Seine en crue vient déposer Lula au pied du Flowerburger, la péniche-cabaret où chante Gaspard, c'est un mini-tsunami qui va bouleverser leur existence. Lui, l'homme qui a souffert d'avoir trop aimé, et elle, la créature qui n'a jamais connu l'amour, vont apprendre à se découvrir et à chanter d'une même voix...

En choisissant de porter à l'écran son roman éponyme "Une sirène à Paris", comme cela avait été le cas avec "Jack et la mécanique du cœur", le musicien-acteur-réalisateur-auteur Mathias Malzieu, leader et chanteur du groupe Dyonisos, nous livre ici un conte moderne à la fois tendre, drôle, baroque, mais surtout réaliste, avec Paris, ville lumière en guise de décor. Pour Mathias, l'élément déclencheur a été la crue des berges de Seine survenue en 2016. Le paysage lui est apparu magnifié, aussi dangereux que poétique. En formidable conteur capable de nous surprendre et de nous émouvoir, il a alors eu l'envie d'écrire une comédie romantique et décalée à la façon d'un film de Frank Capra avec une sirène et un chanteur de cabaret pour héros, qui reste contre toute attente insensible au son de sa voix envoûtante et fatale.

Une alchimie qui fonctionne à merveille entre Nicolas Duvauchelle dans le rôle de Gaspard (à la belle carrière cinématographique depuis l'excellente série "Braquo", et récemment apparu dans le clip de Camélia Jordana "Silence") et Marilyn Lima, parfaite d'innocence énigmatique dans celui de Lula.

Bien sûr, la musique occupe également une place importante au sein du film. Le réalisateur en a écrit les titres, ceux de Gaspard, du Flowerburger, de la rencontre, et a composé le thème de Lula avec lequel elle tue, repris dans le refrain de la chanson "Une sirène à Paris", qui permettent d'en apprendre davantage sur les personnages et leur passé. Elles sont toutes interprétées par les acteurs, ravis par cette perspective qui demeurait un véritable challenge.

Pour Marilyn Lima, le défi de se glisser dans la peau d'une sirène a été comme plonger dans un autre univers. Entre la perruque, les deux heures de maquillage par jour, et le temps passé dans la baignoire dont l'eau devait être régulièrement réchauffée, elle a dû s'habituer à enfiler rapidement son costume et à privilégier dans son jeu d'actrice le haut du corps et les expressions de son visage.

 Cette histoire est la transposition d'une déception sentimentale ayant meurtri Mathias Malzieu au point qu'il a cru ne plus jamais pouvoir retomber amoureux. La sirène a été une métaphore de cette réalité qui enchante le réel avec une femme bien trop belle. Il devait inscrire ce récit dans un "réalisme magique", un conte certes, qui ne se déroulerait pas dans un lieu fascinant et inconnu mais à Paris dont le seul élément surnaturel et fantastique serait la sirène.

Pour Mathias Malzieu, les décors ont été capitaux, "Une sirène à Paris" étant son premier long-métrage en prises de vues réelles. Créer une atmosphère particulière à été essentielle afin de mieux s'immerger dans un monde magique reflétant l'esprit de Gaspard et des Surprisiers, avec son petit appartement ressemblant à une annexe du Flowerburger à laquelle s'ajoutent des détails propres à un célibataire vivant dans un atelier d'artiste. L'inspiration est également venue de cadres naturels. Le tournage extérieur et les scènes au restaurant ont été filmés à Paris. L'aquarium est celui du Trocadéro dont l'équipe a juste réaménagé certains emplacements, et les salles de bains ont été construites en studio.

Le casting joue un rôle primordial dans cette fable oscillant entre mélancolie et fantaisie avec également l'une des égéries de Pedro Almodovar, Rossy De Palma, toujours aussi tourbillonnante et fantasque, l'impérial Tcheky Karyo, Romane Bohringer, extraordinaire dans sa quête de vérité, le touche-à-tout Alexis Michalik dans un rôle surprenant, sans oublier Rodolphe Pauly.

A noter que le neuvième album de Dyonisos "Surprisier" a été écrit durant la conception du film "Une sirène à Paris", et comporte de nombreuses allusions au long-métrage même si il peut aussi s'apprécier de manière indépendante. Surprisier est en fait le joli terme inventé par Mathias Malzieu pour "Une sirène à Paris" afin de définir celles et ceux dont l'imagination peut changer le monde.

Avec "Une sirène à Paris", Mathias Malzieu accroche une nouvelle étoile à son univers poétique, celle de l'aventure parisienne d'une petite sirène d'aujourd'hui qui séduit par la douceur trompeuse de sa mélodie, et d'un amour impossible entre deux êtres que tout oppose. Une rêverie bien plus qu'un film...

Film "Une sirène à Paris" de Mathias Malzieu DVD Sony 2019/2020

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Clip "Pas Essentiel" de Grand Corps Malade 2020

Publié le par Annie et Kristel

"N'écoutez pas cette chanson, elle n'est pas essentielle..."

Voilà en quelques mots le thème de la nouvelle chanson signée Grand Corps Malade. Pour notre première chronique de l'année 2021 que nous vous souhaitons meilleure que 2020, nous ne pouvions pas occulter les problèmes que rencontrent actuellement le monde de la culture, de la nuit, mais aussi les commerces jugés non essentiels tels que les bars, restaurants, etc. Un sujet polémique que Grand Corps Malade n'a pas eu peur d'aborder dans son dernier titre judicieusement intitulé "Pas Essentiel". Un véritable cri du cœur...

Réalisée par son fidèle complice Mehdi Idir (alias Minos depuis peu) avec Jean-Rachid à la production ainsi que Mosimann côté musique, la vidéo "Pas Essentiel" de Grand Corps Malade fait intervenir de nombreux commerçants à l'instar de libraires, disquaires, fleuristes, cordonniers, barmans ou restaurateurs dont les établissements sont en grande difficulté. Rappelons que cette chanson de décembre 2020 a été écrite en réaction aux annonces gouvernementales floues notamment pour le devenir du monde de la culture, et reprend de façon ironique la formule employée pour les commerces considérés comme non essentiels. Elle reste toujours d'actualité, malgré la réouverture de certains d'être eux. 

Grand Corps Malade avait annoncé, peu avant, ce nouveau morceau aux sonorités électroniques par un happening sur la façade du mythique Olympia de Paris où le titre "Pas Essentiel" trônait en lettres rouges brillantes et lumineuses, alors qu'en parallèle le gouvernement confirmait que les lieux culturels (cinémas, musées, théâtres) resteraient encore fermés. Un message utilisé pour le tournage du clip qui nous fait aussi pénétrer dans l'antre magique de cette magnifique salle. En effet, outre la participation des commerçants dont nous vous parlions plus haut, nous suivons dans la vidéo la déambulation nocturne d'un homme masqué dépité de ne trouver que des bars et salles de spectacles aux portes closes. Attiré par les mots "Pas Essentiel" sur la façade de l'Olympia, celui-ci décide de monter sur scène pour tenter de revivre la joie et l'ivresse d'un concert dans le monde d'avant, un peu comme Grand Corps Malade s'imaginant déjà interpréter le titre en live face à un public heureux de le retrouver. Beaucoup ont cru qu'il s'agissait d'une initiative prise par la célèbre salle, mais le Bataclan a aussi montré son soutien en affichant "Pas Essentiel" de façon similaire. Grand Corps Malade s'en réjouit et souhaite que d'autres le fassent également, non pas pour une éventuelle promotion mais pour faire passer le message.

Le slameur, dont l'album "MESDAMES" connaît un beau succès, est un homme généreux et impliqué. Après avoir participé à l'album concept "Jours De Gloire" aux côtés d'autres artistes afin de défendre les valeurs de la République, il fait partie des 200 personnalités militant pour la vaccination rapide des Français afin que chacun puisse retrouver une vie normale. Ainsi, avec "Pas Essentiel", pour l'instant uniquement disponible en téléchargement, il a décidé de réagir à la fermeture toujours active des lieux culturels (mais pas seulement) en proposant ce titre aux paroles cyniques mais pertinentes. Une idée que Fabien avait en tête depuis le moment où il avait entendu que les endroits mentionnés étaient considérés comme non essentiels alors qu'ils font vivre de nombreuses personnes. Des propos maladroits, marquants, violents pour le monde culturel qui lui ont donné envie de s'exprimer au nom d'une industrie qui souffre cruellement. Une ode à une liberté qui nous manque et au retour tant espéré de la culture, dixit le musicien dont la prochaine tournée est prévue pour novembre 2021, si tout va bien. A noter que "Pas Essentiel" comporte un sample (concernant la partie sifflée) du titre "Street Dance" de Break Machine (1984), rendu possible grâce à l'autorisation de l'un de ces créateurs, Henri Belolo, par la voix de son fils Anthony.

A ce jour, la situation est loin de s'être arrangée pour le monde de la culture tout comme les restaurants, bars et clubs.

"Pas Essentiel", une chanson coup de poing en soutien au milieu artistique et aux commerces les plus vulnérables, avec qui nous sommes de tout cœur...

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Clip "Holidays" de Meghan Trainor Feat Earth, Wind & Fire 2020

Publié le par Annie et Kristel

It's a celebration !

En cette fin d'année 2020 particulière et plutôt sombre, nous avons eu envie de vous apporter un peu de joie, de bonne humeur et de couleurs en musique grâce au clip "Holidays" de Meghan Trainor en compagnie de Earth, Wind & Fire, parfait pour l'occasion. Meghan Trainor, inoubliable interprète du hit "Marvin Gaye" Feat Charlie Puth, s'est ici associée au légendaire groupe Earth, Wind & Fire pour la chanson originale "Holidays", extraite de son album de Noël "A Very Trainor Christmas", dans la plus pure tradition des stars US, où figurent des reprises iconiques telles que "Last Christmas" de Wham ou "White Christmas" avec Seth MacFarlane.

A noter que presque toute la famille Trainor a fait une apparition sur l'opus, à commencer par Gary, son père, dans "Have Yourself A Merry Little Christmas", ainsi que ses cousins Hayden, Jenna et Marcus Toney avec "Rudolph The Red-Noised Reindeer". Une véritable ambiance festive pour "Holidays", titre funky aux accents 70's, un son typique de Earth, Wind & Fire. Ces collaborations avec la formation et Seth MacFarlane étaient des rêves de fans devenus réalité pour Meghan et sa famille.

Ne soyez pas étonnés par les tenues extravagantes arborées par la chanteuse tout au long du clip à l'instar d'une large robe blanche à volants, un body noir pailleté avec un gigantesque noeud rouge à l'avant et même une boîte cadeau dorée qui cachent en réalité un baby bump. Car oui, Meghan Trainor était enceinte de 5 mois ½ lors du tournage du clip. La venue de ce bébé, un petit garçon, est attendue par le couple qu'elle forme avec Daryl Sabara, son mari, pour le début de l'année prochaine.

"Holidays", un plaisir visuel et musical, tout à fait dans l'esprit des fêtes de fin d'année, à déguster sans modération...

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Livre "Maddie, si tu savais..." de Isabelle-Rozenn Mari Amazon 2019

Publié le par Annie et Kristel

L'amour au delà du temps...

L'histoire : Entre Matthieu et Maddie, c'est le coup de foudre immédiat. Ce que Maddie ignore, c'est que Matthieu connaît son avenir, terrifiant et douloureux. La préoccupation principale de ce journaliste scientifique sera dès lors de sauver la femme de sa vie. Mais le temps se dresse entre eux telle une barrière infranchissable. Une lettre pourrait tout changer. Mais parviendra-t-elle à temps à Matthieu ?

"Maddie, si tu savais..." est le premier roman que nous lisons d'Isabelle Rozenn-Mari, passionnée par les légendes celtiques et le fantastique, dont un autre de ses ouvrages, "Souviens-toi Rose..." a remporté le concours des auteurs indépendants d'Amazon de la rentrée 2015. Il faut dire que "Maddie, si tu savais..." a tout pour nous séduire, à commencer par une belle romance entre deux êtres que tout sépare, Maddie, chanteuse de cabaret, et Matthieu, journaliste scientifique, naviguant entre deux époques (le passé avec la seconde guerre mondiale et notre présent) réunis par le destin. Galvanisé par son amour et sa folle volonté, le jeune homme devient un voyageur du temps pour retrouver et sauver l'élue de son cœur, qu'il sait condamnée. Pour lui, plus rien d'autre ne compte. Pas toujours facile pour ce scientifique épris de théories quantiques d'être soutenu par son entourage qui le prend pour un malade mental. Cependant, son instinct, son savoir figurent parmi ses plus précieux atouts dans cette surprenante aventure. Maddie est au contraire impulsive, inconsciente du danger qui guette sa famille, prête à prendre tous les risques pour l'aider. Son courage est sa plus grande qualité, et l'intensité de ses sentiments pour Matthieu lui donnent la motivation nécessaire pour continuer de se battre en cette sombre page de notre histoire. Deux vies, deux réalités qui se croisent, grâce notamment à l'intervention et au soutien d'un éminent professeur avec qui Matthieu noue des liens forts et inattendus. L'autre point positif de "Maddie, si tu savais..." réside dans sa présentation et développement de théories quantiques (un sujet qui nous passionne, source inépuisable de spéculations, fantasmes dans les fictions), ici basées sur de véritables travaux scientifiques, rendant ainsi le récit plus juste, authentique et crédible. Le fruit de nombreuses recherches d'Isabelle Rozenn-Mari, comme elle l'explique de façon très pertinente dans ses remerciements, en guise de conclusion habile au roman.

Impossible de vous en dévoiler davantage afin de préserver le plaisir de la découverte, des nombreux rebondissements de cet excellent livre au concept original et à la fin étonnante mais surtout émouvante.

Livre "Maddie, si tu savais..." de Isabelle-Rozenn Mari Amazon 2019

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Album "Plein Soleil" de Agustín Galiana Fontana/Panthéon/Universal 2020

Publié le par Annie et Kristel

Envie de soleil en cette fin d'année morose ? Le bien nommé "Plein Soleil" de l'artiste aux multiples facettes Agustín Galiana vous replongera dans la chaleur de l'été. L'occasion pour nous de revenir sur le parcours de cet artiste complet, comédien et chanteur.

Né à Alicante en Espagne, Agustín Galiana étudie à la fondation Shakespeare de Madrid, puis multiplie les rôles à la télévision dans des séries telles que "Un Dos Tres", "Cercle Rouge", "Brunelesky" en parallèle d'une carrière sur les planches et le grand écran. Passionné depuis l'enfance par la culture et le cinéma français, Agustín décide de s'installer à Paris en 2014 pour y apprendre notre langue et tenter sa chance. Rapidement, il obtient un rôle dans la série de France 2 "Chefs" aux côtés de Clovis Cornillac. En 2015, il rejoint le casting de "Clem" sur TF1 et devient l'un des rôles phares de la série, celui d'Adrian, fils de Victoria Avril et frère de Clem. Puis Agustín s'impose auprès des téléspectateurs en remportant la huitième édition de l'émission "Danse avec les stars" (2017) après dix semaines de compétition. En 2018, il est le héros du téléfilm de TF1 "Ils ont échangé mon enfant" avec Julie de Bona et sort son premier album chez Universal, porté par les singles "Carmina", "C'était hier" et "T'en va pas comme ça". L'opus est un franc succès.

L'année suivante, Agustín est de nouveau le personnage principal d'un autre téléfilm pour TF1 "Coup de foudre en Andalousie" et cartonne au théâtre avec la pièce signée Laurent Ruquier "Le plus beau dans tout ça". Le 2 février 2020, c'est la scène de l'Alhambra qu'il investit pour son premier concert parisien. Si Agustín s'est imposé artistiquement en France, il reste néanmoins très attaché à ses racines. Il a à son actif deux albums en Espagne, et son dernier film "El hombre de las mil caras" (également sorti en France en avril 2017 sous le nom de "L'homme aux mille visages"), a reçu onze nominations aux Goya cette année-là. Agustín est récemment apparu dans le long-métrage "Boutchou" d'Adrien Piquet-Gauthier aux côtés de Carole Bouquet et Gérard Darmon. Côté télévision, Agustín est de retour dans la série "Clem" pour sa dixième saison, mais aussi dans le nouveau rendez-vous de TF1 "Ici tout commence".

Mais revenons à la musique avec la sortie de son deuxième album en France "Plein Soleil" entré directement n°5 du top des ventes physiques. Il est surtout l'occasion pour Agustín Galiana de rendre hommage à ses origines latines mais également à la France qui l'a accueilli à bras ouverts, comme il l'explique très justement : "J'ai eu l'idée de faire cet album de reprises car j'avais très envie de rendre hommage à quelques artistes et chansons qui ont bercé mon arrivée en France." C'est en effet à travers les titres présents sur cet opus qu'Agustín a appris notre langue et culture. Plus que de simples reprises, il a réinterprété chaque chanson en y apportant une touche plus hispanique, ce qui n'est pas pour nous déplaire, de par nos origines communes.​​​​​"Quand on vient d'un autre pays, on emmène toujours avec soi un petit peu de sa propre culture. Il me tenait donc à cœur de proposer aussi des chansons comme la version espagnole de "Duel au soleil", et pour le comédien que je suis, il me semblait évident de reprendre modestement "Piensa en mi", ou encore ce monument musical du cinéma espagnol, "Por que te vas". 

 Ce titre touchant, initialement intégré à la bande originale du film "Cria cuervos" de Carlos Saura, a été le premier single clippé de "Plein Soleil", suivi du lumineux "Duel au soleil" (tous deux disponibles à la fin de cet article), connu en Espagne sous le nom de "Un nuevo día brillará", et qui fait partie du répertoire de la grande Luz Casal aux côtés du musicien Olivier Durand à la guitare. C'est à son arrivée en France qu'Agustín a découvert la version originale d'Etienne Daho, avant de la revisiter dans un style hispano-français. En parlant de Luz Casal, Agustín Galiana a repris "Piensa en mi", un classique espagnol popularisé par la chanteuse à l'occasion de la BOF du film de Pedro Almodovar "Talons aiguilles" (avec déjà Victoria Abril), titre que nous adorons. Un choix artistique qui lui permet de jongler entre ses deux passions, la musique et la comédie, mais également d'aborder des sujets plus sensibles comme la lutte contre le racisme et les discriminations avec "Le soleil donne" (Agustín est fan de Laurent Voulzy), la cause animale grâce à "La corrida". Bien qu'étant censée faire partie des traditions espagnoles, il ne l'approuve pas et a au contraire apprécié l'idée de Francis Cabrel d'en parler à travers les yeux du taureau pour dénoncer la maltraitance des animaux.

Il parle aussi de son expérience professionnelle avec "Viva la vida", titre du répertoire festif de Michel Fugain qu'Agustín connaît et aime pour avoir chanté "Attention Mesdames et Messieurs" au théâtre dans une pièce jouée à Madrid, ou "La mer n'existe pas" (qui figure sur les deux versions bonus de "Plein Soleil"), chanson pour laquelle il a eu un coup de cœur lors d'une émission en compagnie d'Art Mengo sur Sud Radio, dédiée à la regrettée Maurane avec qui il partageait une belle complicité. Comme vous l'aurez compris, le comédien/chanteur fait aussi la part belle au répertoire espagnol avec des titres méconnus du public français tels que "Tuyo" de Rodrigo Amarante, utilisé pour le générique de la série "Narcos", "Mencanta" d'Antonio Carmona, un des préférés d'Agustín ainsi que "Malamente", extrait des deux versions bonus de "Plein Soleil" qu'il souhaite faire découvrir au plus grand nombre dans le registre pop flamenco, collant parfaitement à ses origines, son amour pour la musique et la danse. Autant de chansons qui sont des madeleines de Proust pour Agustín Galiana. N'oublions pas "L'amour à la plage" de Niagara, "Le Sud" de Nino Ferrer ou "J'veux du soleil".

Un album solaire, généreux, qui redonne le sourire en ces froides soirées de fin d'automne.

A noter que "Plein Soleil" est disponible en trois versions : simple avec 11 titres, en édition limitée bonus comportant 13 pistes avec "La mer n'existe pas" et "Malamente", la version collector avec un tote bag, un magnet photo signé et surtout 3 chansons inédites ("Sea Sex And Sun" de Serge Gainsbourg, "La bicyclette" et un remix de "L'amour à la plage"), et enfin, pour les puristes, un double vinyle réunissant les deux albums d'Agustín Galiana.

De quoi prolonger davantage le plaisir...

Album "Plein Soleil" de Agustín Galiana Fontana/Panthéon/Universal 2020

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Les pochettes emblématiques de Roxy Music

Publié le par Annie et Kristel

Pour inaugurer notre nouvelle rubrique "Portraits & Thématiques", nous avons choisi de vous faire voyager au cœur des années glam rock, dignement représentées par le mythique groupe Roxy Music et leurs célèbres visuels aux girls sexy, les Roxy Ladies...

Le charismatique leader de Roxy Music, Bryan Ferry, a très souvent dédié ses pochettes de disques à la gent féminine, séducteur oblige, sous l'objectif du photographe Karl Stoecker. Ainsi, Roxy Music est aussi connu pour sa musique que pour ses covers sophistiquées, devenues cultes, présentant des égéries glamour, légèrement vêtues, dont certaines ont été les compagnes de Bryan Ferry, directement inspirées des magazines féminins des 70's mais également des pin-ups dessinées par Alberto Vargas.

Commençons ce tour d'horizon par le tout premier album sorti en 1972, sobrement intitulé "Roxy Music", avec pour modèle Kari-Ann Muller, repérée lors d'un défilé. Payée seulement 20£ pour la séance photo (la formation n'étant pas encore célèbre), Kari-Ann est précédemment apparue dans un des James Bond "Au service secret de sa Majesté" avant de devenir professeur de yoga et d'épouser Chris Jagger, le frère de Mick.

Karl Stoecker confie au sujet de son cliché qu'il a marqué les esprits au point d'être élu "Image de la décennie en Angleterre". Bryan Ferry, qui souhaitait une jeune femme évoquant Rita Hayworth, est tombé par hasard sur le travail de Karl, essentiellement consacré à la mode. Personne n'imaginait que ce groupe britannique inconnu aurait un tel succès. Roxy Music est le premier groupe dont les artworks se sont affirmés avant la musique. Peu motivé par leurs chansons, Chris Blackwell, le patron d'Island, label de Bob Marley, n'a été entièrement convaincu que par la photographie de Karl qui se déployait devant lui comme un poster de "Playboy", présentant Kari-Ann toute de satin vêtue, alanguie sur du velours crème. Rien n'avait été réellement prémédité, Bryan donnant peu d'indications au photographe, mais le charme vénéneux de Roxy Music a opéré dès le début. L'album a vite fait son chemin dans les charts, alimentant les fantasmes de plusieurs générations. Il faut dire que l'univers de Karl Stoecker correspondait parfaitement au style musical de Roxy Music.  

​​​​​​Pour "For Your Pleasure", leur second opus, place à Amanda Lear, la plus mystérieuse des muses de Bryan Ferry, et transexuelle selon certains. Mannequin pour les plus grands couturiers, brièvement playmate, chanteuse disco, on lui a prêté des relations amoureuses avec Salvador Dali, David Bowie, Brian Jones (d'où l'inspiration du titre "Miss Amanda Jones" des Rolling Stones, extrait de "Between The Buttons" de 1967). En 1973, Amanda se fiance à Bryan Ferry, puis pose la même année pour la pochette de "For Your Pleasure" où elle apparaît dans une robe de cuir moulante, tenant une panthère noire en laisse, avec en toile de fond un lointain Las Vegas perdu dans la nuit, portant à son poignet un bracelet identique à celui de Marilyn Monroe dans le film "Les Hommes Préfèrent Les Blondes". 

Arrive ensuite "Stranded" avec la playmate Marilyn Cole. Ayant débuté sa carrière en tant que Bunny puis mannequin pour "Playboy", elle entretient une liaison avec Hugh Hefner, le fondateur du magazine, puis avec Bryan Ferry. Enfin, Marilyn épouse en 1984 le président de "Playboy" Victor Lownes.

"Country Life" est le titre du quatrième album de Roxy Music, allusion ironique à la revue anglaise du même nom. Il met en vedette deux fans allemandes du groupe, Constanze Karoli et Eveline Grunwald, repérées par les musiciens. Leurs tenues légères, une lingerie semi-transparente, attire les foudres de la censure, notamment américaine, obligeant les ventes d'albums à être effectuées dans un emballage plastique opaque en raison du refus de nombreux disquaires d'en dévoiler la pochette, ou avec un visuel alternatif présentant uniquement la forêt, cadre d'origine de la photo, faisant ainsi l'impasse sur l'air faussement surpris des modèles.

Ci-dessus la pochette alternative de "Country Life" sans les girls. Alors...

​​​​​Certaines pochettes des 70's (en particulier celles de groupes heavy rock ou metal dont Blind Faith, Whitesnake, The Scorpions, etc) repoussent les limites sexuelles, et la cover de "Country Life" ne fait pas exception à la règle. Contre toute attente, Constanze et Eveline ne sont pas devenues mannequins mais respectivement professeur d'art et psychothérapeute.

L'égérie la plus connue de la galaxie Roxy Music est sans doute la top model Jerry Hall avec "Siren", où elle apparaît sous les traits d'une sirène échouée sur des rochers à Anglesey au nord du pays de Galles. Cinq mois après cette séance photo, en 1975, Jerry et Bryan Ferry se fiancent.

L'année suivante, en 1976, la jeune femme figure dans le clip "Let's Stick Together", un des hits de la carrière solo menée par Bryan. Un bonheur de courte durée puisqu'en 1977, Jerry rencontre son futur ex-mari Mick Jagger lors d'un dîner, pour qui elle quittera le leader de Roxy Music. Pour l'anecdote, la chanson "Miss You" des Rolling Stones a été écrite par Mick pour Jerry. Le récent mariage de cette dernière avec Rupert Murdoch en a surpris plus d'un.

Passons sur l'opus de 1979 "Manifesto" qui voit un groupe de noctambules sous une pluie de cotillons qui s'avère être des mannequins de cire.

Concentrons-nous plutôt sur le suivant "Flesh + Blood" sorti en 1980, avec deux de ses fameuses lanceuses de javelot, Aimee Stephenson et Shelley Man. Aimee a ensuite travaillé dans l'industrie cinématographique (écriture de scénarios et production). Elle est hélas décédée tragiquement en 2001 dans un bus au Pérou. Shelley n'a de son côté plus fait parler d'elle.

Enfin, la pochette la plus surprenante est sans conteste "Avalon" dont la particularité est l'armure du chevalier dos à l'objectif qui cache en réalité une jeune femme, Lucy Helmore, vingt-deux ans, la dame d'Avalon, que Bryan Ferry a épousée.

Finis les années 70 et les rendez-vous avec les stars des pochettes de Roxy Music. Bryan s'engage finalement avec Lucy, de quatorze ans sa cadette, en 1982, pour malheureusement divorcer en 2003. Dommage... 

Précisons qu'en 2010, l'incorrigible Bryan a récidivé en demandant à la top Kate Moss de prendre la pose pour l'un de ses albums solos "Olympia" avec un résultat esthétique intéressant mais pas aussi flamboyant et magique qu'à la grande époque de Roxy Music.

De magnifiques albums souvenirs, témoins d'une époque musicale privilégiée, où les rêves et paillettes n'étaient pas encore pixelisés...

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