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Film "Une sirène à Paris" de Mathias Malzieu DVD Sony 2019/2020

Publié le par Annie et Kristel

Après "Jack et la mécanique du cœur", Mathias Malzieu du groupe Dyonisos nous emporte une nouvelle fois dans un univers créatif merveilleux...

L'histoire : Crooner au cœur brisé, Gaspard s'était juré de ne plus retomber amoureux. Quand à Lula, jolie sirène, elle n'a que le chant pour se défendre des hommes, en faisant s'emballer leur cœur jusqu'à l'explosion. Lorsque la Seine en crue vient déposer Lula au pied du Flowerburger, la péniche-cabaret où chante Gaspard, c'est un mini-tsunami qui va bouleverser leur existence. Lui, l'homme qui a souffert d'avoir trop aimé, et elle, la créature qui n'a jamais connu l'amour, vont apprendre à se découvrir et à chanter d'une même voix...

En choisissant de porter à l'écran son roman éponyme "Une sirène à Paris", comme cela avait été le cas avec "Jack et la mécanique du cœur", le musicien-acteur-réalisateur-auteur Mathias Malzieu, leader et chanteur du groupe Dyonisos, nous livre ici un conte moderne à la fois tendre, drôle, baroque, mais surtout réaliste, avec Paris, ville lumière en guise de décor. Pour Mathias, l'élément déclencheur a été la crue des berges de Seine survenue en 2016. Le paysage lui est apparu magnifié, aussi dangereux que poétique. En formidable conteur capable de nous surprendre et de nous émouvoir, il a alors eu l'envie d'écrire une comédie romantique et décalée à la façon d'un film de Frank Capra avec une sirène et un chanteur de cabaret pour héros, qui reste contre toute attente insensible au son de sa voix envoûtante et fatale.

Une alchimie qui fonctionne à merveille entre Nicolas Duvauchelle dans le rôle de Gaspard (à la belle carrière cinématographique depuis l'excellente série "Braquo", et récemment apparu dans le clip de Camélia Jordana "Silence") et Marilyn Lima, parfaite d'innocence énigmatique dans celui de Lula.

Bien sûr, la musique occupe également une place importante au sein du film. Le réalisateur en a écrit les titres, ceux de Gaspard, du Flowerburger, de la rencontre, et a composé le thème de Lula avec lequel elle tue, repris dans le refrain de la chanson "Une sirène à Paris", qui permettent d'en apprendre davantage sur les personnages et leur passé. Elles sont toutes interprétées par les acteurs, ravis par cette perspective qui demeurait un véritable challenge.

Pour Marilyn Lima, le défi de se glisser dans la peau d'une sirène a été comme plonger dans un autre univers. Entre la perruque, les deux heures de maquillage par jour, et le temps passé dans la baignoire dont l'eau devait être régulièrement réchauffée, elle a dû s'habituer à enfiler rapidement son costume et à privilégier dans son jeu d'actrice le haut du corps et les expressions de son visage.

 Cette histoire est la transposition d'une déception sentimentale ayant meurtri Mathias Malzieu au point qu'il a cru ne plus jamais pouvoir retomber amoureux. La sirène a été une métaphore de cette réalité qui enchante le réel avec une femme bien trop belle. Il devait inscrire ce récit dans un "réalisme magique", un conte certes, qui ne se déroulerait pas dans un lieu fascinant et inconnu mais à Paris dont le seul élément surnaturel et fantastique serait la sirène.

Pour Mathias Malzieu, les décors ont été capitaux, "Une sirène à Paris" étant son premier long-métrage en prises de vues réelles. Créer une atmosphère particulière à été essentielle afin de mieux s'immerger dans un monde magique reflétant l'esprit de Gaspard et des Surprisiers, avec son petit appartement ressemblant à une annexe du Flowerburger à laquelle s'ajoutent des détails propres à un célibataire vivant dans un atelier d'artiste. L'inspiration est également venue de cadres naturels. Le tournage extérieur et les scènes au restaurant ont été filmés à Paris. L'aquarium est celui du Trocadéro dont l'équipe a juste réaménagé certains emplacements, et les salles de bains ont été construites en studio.

Le casting joue un rôle primordial dans cette fable oscillant entre mélancolie et fantaisie avec également l'une des égéries de Pedro Almodovar, Rossy De Palma, toujours aussi tourbillonnante et fantasque, l'impérial Tcheky Karyo, Romane Bohringer, extraordinaire dans sa quête de vérité, le touche-à-tout Alexis Michalik dans un rôle surprenant, sans oublier Rodolphe Pauly.

A noter que le neuvième album de Dyonisos "Surprisier" a été écrit durant la conception du film "Une sirène à Paris", et comporte de nombreuses allusions au long-métrage même si il peut aussi s'apprécier de manière indépendante. Surprisier est en fait le joli terme inventé par Mathias Malzieu pour "Une sirène à Paris" afin de définir celles et ceux dont l'imagination peut changer le monde.

Avec "Une sirène à Paris", Mathias Malzieu accroche une nouvelle étoile à son univers poétique, celle de l'aventure parisienne d'une petite sirène d'aujourd'hui qui séduit par la douceur trompeuse de sa mélodie, et d'un amour impossible entre deux êtres que tout oppose. Une rêverie bien plus qu'un film...

Film "Une sirène à Paris" de Mathias Malzieu DVD Sony 2019/2020

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Clip "Pas Essentiel" de Grand Corps Malade 2020

Publié le par Annie et Kristel

"N'écoutez pas cette chanson, elle n'est pas essentielle..."

Voilà en quelques mots le thème de la nouvelle chanson signée Grand Corps Malade. Pour notre première chronique de l'année 2021 que nous vous souhaitons meilleure que 2020, nous ne pouvions pas occulter les problèmes que rencontrent actuellement le monde de la culture, de la nuit, mais aussi les commerces jugés non essentiels tels que les bars, restaurants, etc. Un sujet polémique que Grand Corps Malade n'a pas eu peur d'aborder dans son dernier titre judicieusement intitulé "Pas Essentiel". Un véritable cri du cœur...

Réalisée par son fidèle complice Mehdi Idir (alias Minos depuis peu) avec Jean-Rachid à la production ainsi que Mosimann côté musique, la vidéo "Pas Essentiel" de Grand Corps Malade fait intervenir de nombreux commerçants à l'instar de libraires, disquaires, fleuristes, cordonniers, barmans ou restaurateurs dont les établissements sont en grande difficulté. Rappelons que cette chanson de décembre 2020 a été écrite en réaction aux annonces gouvernementales floues notamment pour le devenir du monde de la culture, et reprend de façon ironique la formule employée pour les commerces considérés comme non essentiels. Elle reste toujours d'actualité, malgré la réouverture de certains d'être eux. 

Grand Corps Malade avait annoncé, peu avant, ce nouveau morceau aux sonorités électroniques par un happening sur la façade du mythique Olympia de Paris où le titre "Pas Essentiel" trônait en lettres rouges brillantes et lumineuses, alors qu'en parallèle le gouvernement confirmait que les lieux culturels (cinémas, musées, théâtres) resteraient encore fermés. Un message utilisé pour le tournage du clip qui nous fait aussi pénétrer dans l'antre magique de cette magnifique salle. En effet, outre la participation des commerçants dont nous vous parlions plus haut, nous suivons dans la vidéo la déambulation nocturne d'un homme masqué dépité de ne trouver que des bars et salles de spectacles aux portes closes. Attiré par les mots "Pas Essentiel" sur la façade de l'Olympia, celui-ci décide de monter sur scène pour tenter de revivre la joie et l'ivresse d'un concert dans le monde d'avant, un peu comme Grand Corps Malade s'imaginant déjà interpréter le titre en live face à un public heureux de le retrouver. Beaucoup ont cru qu'il s'agissait d'une initiative prise par la célèbre salle, mais le Bataclan a aussi montré son soutien en affichant "Pas Essentiel" de façon similaire. Grand Corps Malade s'en réjouit et souhaite que d'autres le fassent également, non pas pour une éventuelle promotion mais pour faire passer le message.

Le slameur, dont l'album "MESDAMES" connaît un beau succès, est un homme généreux et impliqué. Après avoir participé à l'album concept "Jours De Gloire" aux côtés d'autres artistes afin de défendre les valeurs de la République, il fait partie des 200 personnalités militant pour la vaccination rapide des Français afin que chacun puisse retrouver une vie normale. Ainsi, avec "Pas Essentiel", pour l'instant uniquement disponible en téléchargement, il a décidé de réagir à la fermeture toujours active des lieux culturels (mais pas seulement) en proposant ce titre aux paroles cyniques mais pertinentes. Une idée que Fabien avait en tête depuis le moment où il avait entendu que les endroits mentionnés étaient considérés comme non essentiels alors qu'ils font vivre de nombreuses personnes. Des propos maladroits, marquants, violents pour le monde culturel qui lui ont donné envie de s'exprimer au nom d'une industrie qui souffre cruellement. Une ode à une liberté qui nous manque et au retour tant espéré de la culture, dixit le musicien dont la prochaine tournée est prévue pour novembre 2021, si tout va bien. A noter que "Pas Essentiel" comporte un sample (concernant la partie sifflée) du titre "Street Dance" de Break Machine (1984), rendu possible grâce à l'autorisation de l'un de ces créateurs, Henri Belolo, par la voix de son fils Anthony.

A ce jour, la situation est loin de s'être arrangée pour le monde de la culture tout comme les restaurants, bars et clubs.

"Pas Essentiel", une chanson coup de poing en soutien au milieu artistique et aux commerces les plus vulnérables, avec qui nous sommes de tout cœur...

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Clip "Holidays" de Meghan Trainor Feat Earth, Wind & Fire 2020

Publié le par Annie et Kristel

It's a celebration !

En cette fin d'année 2020 particulière et plutôt sombre, nous avons eu envie de vous apporter un peu de joie, de bonne humeur et de couleurs en musique grâce au clip "Holidays" de Meghan Trainor en compagnie de Earth, Wind & Fire, parfait pour l'occasion. Meghan Trainor, inoubliable interprète du hit "Marvin Gaye" Feat Charlie Puth, s'est ici associée au légendaire groupe Earth, Wind & Fire pour la chanson originale "Holidays", extraite de son album de Noël "A Very Trainor Christmas", dans la plus pure tradition des stars US, où figurent des reprises iconiques telles que "Last Christmas" de Wham ou "White Christmas" avec Seth MacFarlane.

A noter que presque toute la famille Trainor a fait une apparition sur l'opus, à commencer par Gary, son père, dans "Have Yourself A Merry Little Christmas", ainsi que ses cousins Hayden, Jenna et Marcus Toney avec "Rudolph The Red-Noised Reindeer". Une véritable ambiance festive pour "Holidays", titre funky aux accents 70's, un son typique de Earth, Wind & Fire. Ces collaborations avec la formation et Seth MacFarlane étaient des rêves de fans devenus réalité pour Meghan et sa famille.

Ne soyez pas étonnés par les tenues extravagantes arborées par la chanteuse tout au long du clip à l'instar d'une large robe blanche à volants, un body noir pailleté avec un gigantesque noeud rouge à l'avant et même une boîte cadeau dorée qui cachent en réalité un baby bump. Car oui, Meghan Trainor était enceinte de 5 mois ½ lors du tournage du clip. La venue de ce bébé, un petit garçon, est attendue par le couple qu'elle forme avec Daryl Sabara, son mari, pour le début de l'année prochaine.

"Holidays", un plaisir visuel et musical, tout à fait dans l'esprit des fêtes de fin d'année, à déguster sans modération...

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Livre "Maddie, si tu savais..." de Isabelle-Rozenn Mari Amazon 2019

Publié le par Annie et Kristel

L'amour au delà du temps...

L'histoire : Entre Matthieu et Maddie, c'est le coup de foudre immédiat. Ce que Maddie ignore, c'est que Matthieu connaît son avenir, terrifiant et douloureux. La préoccupation principale de ce journaliste scientifique sera dès lors de sauver la femme de sa vie. Mais le temps se dresse entre eux telle une barrière infranchissable. Une lettre pourrait tout changer. Mais parviendra-t-elle à temps à Matthieu ?

"Maddie, si tu savais..." est le premier roman que nous lisons d'Isabelle Rozenn-Mari, passionnée par les légendes celtiques et le fantastique, dont un autre de ses ouvrages, "Souviens-toi Rose..." a remporté le concours des auteurs indépendants d'Amazon de la rentrée 2015. Il faut dire que "Maddie, si tu savais..." a tout pour nous séduire, à commencer par une belle romance entre deux êtres que tout sépare, Maddie, chanteuse de cabaret, et Matthieu, journaliste scientifique, naviguant entre deux époques (le passé avec la seconde guerre mondiale et notre présent) réunis par le destin. Galvanisé par son amour et sa folle volonté, le jeune homme devient un voyageur du temps pour retrouver et sauver l'élue de son cœur, qu'il sait condamnée. Pour lui, plus rien d'autre ne compte. Pas toujours facile pour ce scientifique épris de théories quantiques d'être soutenu par son entourage qui le prend pour un malade mental. Cependant, son instinct, son savoir figurent parmi ses plus précieux atouts dans cette surprenante aventure. Maddie est au contraire impulsive, inconsciente du danger qui guette sa famille, prête à prendre tous les risques pour l'aider. Son courage est sa plus grande qualité, et l'intensité de ses sentiments pour Matthieu lui donnent la motivation nécessaire pour continuer de se battre en cette sombre page de notre histoire. Deux vies, deux réalités qui se croisent, grâce notamment à l'intervention et au soutien d'un éminent professeur avec qui Matthieu noue des liens forts et inattendus. L'autre point positif de "Maddie, si tu savais..." réside dans sa présentation et développement de théories quantiques (un sujet qui nous passionne, source inépuisable de spéculations, fantasmes dans les fictions), ici basées sur de véritables travaux scientifiques, rendant ainsi le récit plus juste, authentique et crédible. Le fruit de nombreuses recherches d'Isabelle Rozenn-Mari, comme elle l'explique de façon très pertinente dans ses remerciements, en guise de conclusion habile au roman.

Impossible de vous en dévoiler davantage afin de préserver le plaisir de la découverte, des nombreux rebondissements de cet excellent livre au concept original et à la fin étonnante mais surtout émouvante.

Livre "Maddie, si tu savais..." de Isabelle-Rozenn Mari Amazon 2019

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Album "Plein Soleil" de Agustín Galiana Fontana/Panthéon/Universal 2020

Publié le par Annie et Kristel

Envie de soleil en cette fin d'année morose ? Le bien nommé "Plein Soleil" de l'artiste aux multiples facettes Agustín Galiana vous replongera dans la chaleur de l'été. L'occasion pour nous de revenir sur le parcours de cet artiste complet, comédien et chanteur.

Né à Alicante en Espagne, Agustín Galiana étudie à la fondation Shakespeare de Madrid, puis multiplie les rôles à la télévision dans des séries telles que "Un Dos Tres", "Cercle Rouge", "Brunelesky" en parallèle d'une carrière sur les planches et le grand écran. Passionné depuis l'enfance par la culture et le cinéma français, Agustín décide de s'installer à Paris en 2014 pour y apprendre notre langue et tenter sa chance. Rapidement, il obtient un rôle dans la série de France 2 "Chefs" aux côtés de Clovis Cornillac. En 2015, il rejoint le casting de "Clem" sur TF1 et devient l'un des rôles phares de la série, celui d'Adrian, fils de Victoria Avril et frère de Clem. Puis Agustín s'impose auprès des téléspectateurs en remportant la huitième édition de l'émission "Danse avec les stars" (2017) après dix semaines de compétition. En 2018, il est le héros du téléfilm de TF1 "Ils ont échangé mon enfant" avec Julie de Bona et sort son premier album chez Universal, porté par les singles "Carmina", "C'était hier" et "T'en va pas comme ça". L'opus est un franc succès.

L'année suivante, Agustín est de nouveau le personnage principal d'un autre téléfilm pour TF1 "Coup de foudre en Andalousie" et cartonne au théâtre avec la pièce signée Laurent Ruquier "Le plus beau dans tout ça". Le 2 février 2020, c'est la scène de l'Alhambra qu'il investit pour son premier concert parisien. Si Agustín s'est imposé artistiquement en France, il reste néanmoins très attaché à ses racines. Il a à son actif deux albums en Espagne, et son dernier film "El hombre de las mil caras" (également sorti en France en avril 2017 sous le nom de "L'homme aux mille visages"), a reçu onze nominations aux Goya cette année-là. Agustín est récemment apparu dans le long-métrage "Boutchou" d'Adrien Piquet-Gauthier aux côtés de Carole Bouquet et Gérard Darmon. Côté télévision, Agustín est de retour dans la série "Clem" pour sa dixième saison, mais aussi dans le nouveau rendez-vous de TF1 "Ici tout commence".

Mais revenons à la musique avec la sortie de son deuxième album en France "Plein Soleil" entré directement n°5 du top des ventes physiques. Il est surtout l'occasion pour Agustín Galiana de rendre hommage à ses origines latines mais également à la France qui l'a accueilli à bras ouverts, comme il l'explique très justement : "J'ai eu l'idée de faire cet album de reprises car j'avais très envie de rendre hommage à quelques artistes et chansons qui ont bercé mon arrivée en France." C'est en effet à travers les titres présents sur cet opus qu'Agustín a appris notre langue et culture. Plus que de simples reprises, il a réinterprété chaque chanson en y apportant une touche plus hispanique, ce qui n'est pas pour nous déplaire, de par nos origines communes.​​​​​"Quand on vient d'un autre pays, on emmène toujours avec soi un petit peu de sa propre culture. Il me tenait donc à cœur de proposer aussi des chansons comme la version espagnole de "Duel au soleil", et pour le comédien que je suis, il me semblait évident de reprendre modestement "Piensa en mi", ou encore ce monument musical du cinéma espagnol, "Por que te vas". 

 Ce titre touchant, initialement intégré à la bande originale du film "Cria cuervos" de Carlos Saura, a été le premier single clippé de "Plein Soleil", suivi du lumineux "Duel au soleil" (tous deux disponibles à la fin de cet article), connu en Espagne sous le nom de "Un nuevo día brillará", et qui fait partie du répertoire de la grande Luz Casal aux côtés du musicien Olivier Durand à la guitare. C'est à son arrivée en France qu'Agustín a découvert la version originale d'Etienne Daho, avant de la revisiter dans un style hispano-français. En parlant de Luz Casal, Agustín Galiana a repris "Piensa en mi", un classique espagnol popularisé par la chanteuse à l'occasion de la BOF du film de Pedro Almodovar "Talons aiguilles" (avec déjà Victoria Abril), titre que nous adorons. Un choix artistique qui lui permet de jongler entre ses deux passions, la musique et la comédie, mais également d'aborder des sujets plus sensibles comme la lutte contre le racisme et les discriminations avec "Le soleil donne" (Agustín est fan de Laurent Voulzy), la cause animale grâce à "La corrida". Bien qu'étant censée faire partie des traditions espagnoles, il ne l'approuve pas et a au contraire apprécié l'idée de Francis Cabrel d'en parler à travers les yeux du taureau pour dénoncer la maltraitance des animaux.

Il parle aussi de son expérience professionnelle avec "Viva la vida", titre du répertoire festif de Michel Fugain qu'Agustín connaît et aime pour avoir chanté "Attention Mesdames et Messieurs" au théâtre dans une pièce jouée à Madrid, ou "La mer n'existe pas" (qui figure sur les deux versions bonus de "Plein Soleil"), chanson pour laquelle il a eu un coup de cœur lors d'une émission en compagnie d'Art Mengo sur Sud Radio, dédiée à la regrettée Maurane avec qui il partageait une belle complicité. Comme vous l'aurez compris, le comédien/chanteur fait aussi la part belle au répertoire espagnol avec des titres méconnus du public français tels que "Tuyo" de Rodrigo Amarante, utilisé pour le générique de la série "Narcos", "Mencanta" d'Antonio Carmona, un des préférés d'Agustín ainsi que "Malamente", extrait des deux versions bonus de "Plein Soleil" qu'il souhaite faire découvrir au plus grand nombre dans le registre pop flamenco, collant parfaitement à ses origines, son amour pour la musique et la danse. Autant de chansons qui sont des madeleines de Proust pour Agustín Galiana. N'oublions pas "L'amour à la plage" de Niagara, "Le Sud" de Nino Ferrer ou "J'veux du soleil".

Un album solaire, généreux, qui redonne le sourire en ces froides soirées de fin d'automne.

A noter que "Plein Soleil" est disponible en trois versions : simple avec 11 titres, en édition limitée bonus comportant 13 pistes avec "La mer n'existe pas" et "Malamente", la version collector avec un tote bag, un magnet photo signé et surtout 3 chansons inédites ("Sea Sex And Sun" de Serge Gainsbourg, "La bicyclette" et un remix de "L'amour à la plage"), et enfin, pour les puristes, un double vinyle réunissant les deux albums d'Agustín Galiana.

De quoi prolonger davantage le plaisir...

Album "Plein Soleil" de Agustín Galiana Fontana/Panthéon/Universal 2020

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Les pochettes emblématiques de Roxy Music

Publié le par Annie et Kristel

Pour inaugurer notre nouvelle rubrique "Portraits & Thématiques", nous avons choisi de vous faire voyager au cœur des années glam rock, dignement représentées par le mythique groupe Roxy Music et leurs célèbres visuels aux girls sexy, les Roxy Ladies...

Le charismatique leader de Roxy Music, Bryan Ferry, a très souvent dédié ses pochettes de disques à la gent féminine, séducteur oblige, sous l'objectif du photographe Karl Stoecker. Ainsi, Roxy Music est aussi connu pour sa musique que pour ses covers sophistiquées, devenues cultes, présentant des égéries glamour, légèrement vêtues, dont certaines ont été les compagnes de Bryan Ferry, directement inspirées des magazines féminins des 70's mais également des pin-ups dessinées par Alberto Vargas.

Commençons ce tour d'horizon par le tout premier album sorti en 1972, sobrement intitulé "Roxy Music", avec pour modèle Kari-Ann Muller, repérée lors d'un défilé. Payée seulement 20£ pour la séance photo (la formation n'étant pas encore célèbre), Kari-Ann est précédemment apparue dans un des James Bond "Au service secret de sa Majesté" avant de devenir professeur de yoga et d'épouser Chris Jagger, le frère de Mick.

Karl Stoecker confie au sujet de son cliché qu'il a marqué les esprits au point d'être élu "Image de la décennie en Angleterre". Bryan Ferry, qui souhaitait une jeune femme évoquant Rita Hayworth, est tombé par hasard sur le travail de Karl, essentiellement consacré à la mode. Personne n'imaginait que ce groupe britannique inconnu aurait un tel succès. Roxy Music est le premier groupe dont les artworks se sont affirmés avant la musique. Peu motivé par leurs chansons, Chris Blackwell, le patron d'Island, label de Bob Marley, n'a été entièrement convaincu que par la photographie de Karl qui se déployait devant lui comme un poster de "Playboy", présentant Kari-Ann toute de satin vêtue, alanguie sur du velours crème. Rien n'avait été réellement prémédité, Bryan donnant peu d'indications au photographe, mais le charme vénéneux de Roxy Music a opéré dès le début. L'album a vite fait son chemin dans les charts, alimentant les fantasmes de plusieurs générations. Il faut dire que l'univers de Karl Stoecker correspondait parfaitement au style musical de Roxy Music.  

​​​​​​Pour "For Your Pleasure", leur second opus, place à Amanda Lear, la plus mystérieuse des muses de Bryan Ferry, et transexuelle selon certains. Mannequin pour les plus grands couturiers, brièvement playmate, chanteuse disco, on lui a prêté des relations amoureuses avec Salvador Dali, David Bowie, Brian Jones (d'où l'inspiration du titre "Miss Amanda Jones" des Rolling Stones, extrait de "Between The Buttons" de 1967). En 1973, Amanda se fiance à Bryan Ferry, puis pose la même année pour la pochette de "For Your Pleasure" où elle apparaît dans une robe de cuir moulante, tenant une panthère noire en laisse, avec en toile de fond un lointain Las Vegas perdu dans la nuit, portant à son poignet un bracelet identique à celui de Marilyn Monroe dans le film "Les Hommes Préfèrent Les Blondes". 

Arrive ensuite "Stranded" avec la playmate Marilyn Cole. Ayant débuté sa carrière en tant que Bunny puis mannequin pour "Playboy", elle entretient une liaison avec Hugh Hefner, le fondateur du magazine, puis avec Bryan Ferry. Enfin, Marilyn épouse en 1984 le président de "Playboy" Victor Lownes.

"Country Life" est le titre du quatrième album de Roxy Music, allusion ironique à la revue anglaise du même nom. Il met en vedette deux fans allemandes du groupe, Constanze Karoli et Eveline Grunwald, repérées par les musiciens. Leurs tenues légères, une lingerie semi-transparente, attire les foudres de la censure, notamment américaine, obligeant les ventes d'albums à être effectuées dans un emballage plastique opaque en raison du refus de nombreux disquaires d'en dévoiler la pochette, ou avec un visuel alternatif présentant uniquement la forêt, cadre d'origine de la photo, faisant ainsi l'impasse sur l'air faussement surpris des modèles.

Ci-dessus la pochette alternative de "Country Life" sans les girls. Alors...

​​​​​Certaines pochettes des 70's (en particulier celles de groupes heavy rock ou metal dont Blind Faith, Whitesnake, The Scorpions, etc) repoussent les limites sexuelles, et la cover de "Country Life" ne fait pas exception à la règle. Contre toute attente, Constanze et Eveline ne sont pas devenues mannequins mais respectivement professeur d'art et psychothérapeute.

L'égérie la plus connue de la galaxie Roxy Music est sans doute la top model Jerry Hall avec "Siren", où elle apparaît sous les traits d'une sirène échouée sur des rochers à Anglesey au nord du pays de Galles. Cinq mois après cette séance photo, en 1975, Jerry et Bryan Ferry se fiancent.

L'année suivante, en 1976, la jeune femme figure dans le clip "Let's Stick Together", un des hits de la carrière solo menée par Bryan. Un bonheur de courte durée puisqu'en 1977, Jerry rencontre son futur ex-mari Mick Jagger lors d'un dîner, pour qui elle quittera le leader de Roxy Music. Pour l'anecdote, la chanson "Miss You" des Rolling Stones a été écrite par Mick pour Jerry. Le récent mariage de cette dernière avec Rupert Murdoch en a surpris plus d'un.

Passons sur l'opus de 1979 "Manifesto" qui voit un groupe de noctambules sous une pluie de cotillons qui s'avère être des mannequins de cire.

Concentrons-nous plutôt sur le suivant "Flesh + Blood" sorti en 1980, avec deux de ses fameuses lanceuses de javelot, Aimee Stephenson et Shelley Man. Aimee a ensuite travaillé dans l'industrie cinématographique (écriture de scénarios et production). Elle est hélas décédée tragiquement en 2001 dans un bus au Pérou. Shelley n'a de son côté plus fait parler d'elle.

Enfin, la pochette la plus surprenante est sans conteste "Avalon" dont la particularité est l'armure du chevalier dos à l'objectif qui cache en réalité une jeune femme, Lucy Helmore, vingt-deux ans, la dame d'Avalon, que Bryan Ferry a épousée.

Finis les années 70 et les rendez-vous avec les stars des pochettes de Roxy Music. Bryan s'engage finalement avec Lucy, de quatorze ans sa cadette, en 1982, pour malheureusement divorcer en 2003. Dommage... 

Précisons qu'en 2010, l'incorrigible Bryan a récidivé en demandant à la top Kate Moss de prendre la pose pour l'un de ses albums solos "Olympia" avec un résultat esthétique intéressant mais pas aussi flamboyant et magique qu'à la grande époque de Roxy Music.

De magnifiques albums souvenirs, témoins d'une époque musicale privilégiée, où les rêves et paillettes n'étaient pas encore pixelisés...

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Clip "Let's Love" de David Guetta & Sia 2020

Publié le par Annie et Kristel

Pour leur nouvelle collaboration, "Let's Love" au son totalement 80's, David Guetta et Sia nous emmènent dans un monde rétro-futuriste et virtuel accompagnée d'un clip célébrant l'amour universel grâce à la technologie...

Depuis le succès mondial de "Titanium" en 2011, qui devait à l'origine être interprété par Katy Perry, David Guetta et Sia travaillent régulièrement ensemble, et nous offrent des tubes planétaires tels que "She Wolf (Falling To Pieces)" (2012), "Bang My Head" (2015) ou encore "Flames" (2018, déjà chroniqué sur notre blog), s'assurant de créer l'événement dès que leurs deux noms sont associés.

Comme le dit si bien le DJ, leurs débuts côte à côte ont été prolifiques. Il s'estime chanceux d'avoir connu la chanteuse à l'époque de "Titanium", un moment où elle avait décidé de se consacrer pleinement à sa carrière artistique en plein essor. Depuis, une complicité amicale est née, et bien que Sia soit très sollicitée, celle-ci est toujours là pour son ami avec des projets musicaux menés à leur terme. Alors, forcément, lorsque le tandem a teasé sa nouvelle chanson "Let's Love" sur TikTok, les fans ont été aux anges.

Pour la petite histoire, ce titre a vu le jour pendant le confinement. Durant cette période d'isolement, David Guetta a souhaité proposer une musique à l'énergie positive. Adorant produire habituellement des sons pour les clubs, il a eu envie, en parallèle et face à cette ambiance actuelle particulièrement morose, de créer des chansons Feel Good. "Le's Love" délivre un message d'amour, d'espoir et rassemble le public, sublimé par la brillante partie vocale de Sia, avec la folle envie de retrouver l'esprit de liberté des années 80, comme le raconte David : "C'est un petit peu inspiré par Pat Benatar et quand je l'ai dit à Sia, elle m'a répondu : "Mais c'est dingue. Je suis la plus grande fan de Pat Benatar. Comment tu sais ça ?" Je n'en savais rien. Nous avons toujours cette connexion magique entre nous."

Véritable hymne au doux parfum d'antan sur fond de synthétiseurs, "Let's Love" est illustré par un clip rétro-futuriste se rapprochant du film "Ready Player One" de Steven Spielberg sorti en 2018. Fuyant la triste réalité du monde qui l'entoure, un jeune homme se réfugie dans un univers virtuel où il fait la rencontre d'une fille dans un jeu vidéo dont il tombe amoureux. Si leur relation est parsemée d'embûches, il cache également un secret : ce sont en fait deux garçons pas si éloignés que cela qui se sont séduits à travers leurs avatars, bien que l'un d'entre eux l'ignore. Une belle preuve de tolérance qui démontre que les sentiments transcendent les genres, les conditions sociales et les barrières.

"Let's Love", un superbe clip aux accents nostalgiques, qui vous fera voyager à travers le temps en musique grâce au talent de David Guetta et Sia...

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Clip "Le Cœur Holiday" de Mika Feat Soprano 2020

Publié le par Annie et Kristel

Mika et Soprano s'animent à l'occasion du clip "Le Cœur Holiday" afin de célébrer les liens de l'amitié, plus que jamais essentiels en ces temps difficiles...

Souvenez-vous : le 4 août 2020, Beyrouth a été frappée en plein cœur du centre-ville et du port par des explosions meurtrières. Mika, profondément bouleversé par cette tragédie survenue dans sa ville natale, a décidé d'organiser un concert caritatif virtuel intitulé "I Love Beirut" diffusé en direct sur les plateformes le 19 septembre dernier, et dont tous les bénéfices ont été reversés à La Croix-Rouge libanaise et l'association "Save The Children Liban" afin de soutenir la reconstruction de la ville touchée par la catastrophe. Une très belle initiative de la part d'un musicien généreux qui a voulu apporter sa contribution, son aide et son soutien indéniables au Liban.

Parallèlement, en marge de son album "Live From Brooklyn Steel", Mika est revenu avec "Le Cœur Holiday", une nouvelle chanson pleine d'espoir qu'il partage en compagnie de son ami Soprano, rencontré sur la 8ème saison de "The Voice", qui a vu naître une belle complicité. Pour Mika, "Le Cœur Holiday", titre enregistré il y a déjà quelques temps, est un rappel à garder la tête et le cœur brillants, qui prend tout son sens en ce moment. "Et quand tu tombes à genoux, garde le cœur en fête/Garde le cœur debout, garde le cœur Holiday" chantent les deux artistes sur le refrain enjoué et positif du single, voulu comme un hymne à la fraternité.

Deux univers diamétralement opposés, à la fois pop, coloré, et plus sombre, urbain, finalement complémentaires, réunis le temps d'une chanson touchante, émouvante, parfaitement en accord avec le clip en animation du "Cœur Holiday" empreint de tendresse. Une rencontre et une amitié tout à fait inattendues entre une panthère et un écureuil au milieu d'une nature sauvage et hostile, prêts à tout pour se protéger mutuellement ; voilà le sujet mis en avant par Mika et Soprano, comme une métaphore de leur lien et qui voit aussi apparaître leurs doubles toons (animés) à la fin de la vidéo. Entre "Le Livre de la jungle" et "Le Roi Lion", l'influence des dessins animés Disney est bien présente avec des décors qui leur sont directement inspirés, mais aussi le sentiment que la vie peut être aussi belle que cruelle.

Profiter, prendre soin de ses proches : un message important délivré par "Le Cœur Holiday", une chanson Feel Good accompagnée d'un clip porteur d'espoir...

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Série "The Good Fight" Saisons 1/2/3 DVD CBS 2017/2020

Publié le par Annie et Kristel

Alors que nous avons tous les yeux rivés sur les résultats des élections présidentielles américaines qui seront très prochainement dévoilés, retour sur la série "The Good Fight", spin-off de "The Good Wife", ouvertement engagée anti-Donald Trump...

L'histoire : durant les saisons précédentes de "The Good Fight", le monde avait perdu la raison, mais dans la troisième, récemment sortie en DVD, c'est la résistance qui prime. Diane Lockhart essaye de déterminer si on peut affronter un gouvernement de fous sans le devenir. Adrian Boseman et Liz Reddick combattent une société post-vérité où les avocats maîtrisant la communication l'emportent sur ceux qui se concentrent sur les faits...

Un spin-off est toujours un pari risqué, surtout lorsqu'il est issu d'une série aussi brillante que "The Good Wife" ("TGW"). Mais force est de constater que bien qu'appartenant à la même famille, "The Good Fight" ("TGF") parvient à s'en émanciper avec classe. En 2009, Robert et Michelle King créent "TGW" sur la chaîne CBS avec Julianna Margulies dans le rôle principal d'Alicia Florrick. Série dramatique mêlant politique et chronique judiciaire, elle s'avère être une incontestable réussite narrative mais également dans la pertinence de son propos et développement. Bien plus qu'une série sur des avocats, elle explore de nouveaux horizons en dénonçant subtilement les dérives d'une Amérique divisée et complexe, tout en évoquant l'actualité du moment. C'est ainsi qu'en 2016, après sept saisons, "The Good Wife" s'achève. Pourtant, une huitième aurait dû voir le jour. Cette année-là, CBS l'envisageait, au regard de la qualité et des audiences de la série. Mais c'était sans compter sur le refus des créateurs qui estimaient être arrivés au bout de leur histoire tout comme Julianna Margulies confirmant à son tour qu'elle ne souhaitait pas poursuivre l'aventure. Sans sa star et ses auteurs, "TGW" n'avait plus de raison d'être et c'est tout naturellement que CBS décida de l'annuler au terme de la saison 7, sans pour autant dire son dernier mot.

Quelques semaines plus tard, la chaîne commande le pilote d'un spin-off baptisé "The Good Fight" dont l'excellente Christine Baranski qui interprétait Diane Lockhart dans "The Good Wife" sera la tête d'affiche. Toujours écrite par les King, cette série est présentée comme différente de son aînée, même si elle en conserve le style et certains personnages. Si il est tentant de se demander pourquoi ne pas avoir simplement continué "TGW" sans Julianna Margulies, la réponse est évidente : parce que "TGF" va beaucoup plus loin en se basant principalement sur l'ère Donald Trump qui lui sert de point de départ, là où "TGW" se déroulait sous l'administration de Barack Obama.

Cette dernière a toujours eu un ancrage politique très fort par le biais du mari d'Alicia, gouverneur démocrate de l'Illinois par qui le scandale arrive. Une façon pour les King d'évoquer la vie institutionnelle de leur pays avec les noms des principaux dirigeants politiques conservés, les débats opposant démocrates et républicains abordés dans plusieurs épisodes, les ravages de la politique américaine mis à nu. Bref, "TGW" était une série de qualité qui n'hésitait jamais à dévoiler les travers, excès, erreurs, et les justes combats de la société outre-Atlantique. Difficile de savoir si les King avaient pressenti la victoire de Donald Trump dont ils ne partagent visiblement aucune conviction, comme beaucoup d'artistes mobilisés contre lui.

En tout cas, ils le font savoir dès que l'occasion se présente avec un moyen d'expression adapté : si CBS a accepté de diffuser le pilote, "TGF" était ensuite destiné au service de VOD de la chaine, CBS All Access, bien plus libre dans son ton. C'est ce que les King souhaitaient avec pour volonté de raconter autre chose, de davantage engagé, ce que ne permettait pas "TGW". En effet, certains personnages n'y avaient plus leur place, tandis que des nouveaux ne demandaient qu'à entrer en scène. En outre, les créateurs ont ajouté dans la saison 3 de courts dessins animés chantés (les "The Good Fight Short") permettant de développer rapidement certaines idées, contrairement à celles d'une chaîne nationale. Amusant mais déroutant, tout comme l'emploi du monologue montrant les personnages qui expriment soudainement leurs pensées de façon à la fois Shakespearienne mais avec la King's touch.

"TGF" est assurément une série de l'avènement Donald Trump qui n'hésite pas à se revendiquer comme une satire de la vie politique ou du brûlot anti-Trump par moment. Un parti pris volontaire, évident, ayant entrainé quelques tensions en coulisses. En effet, cette revendication et ces charges étaient par instant si puissantes que la saison 3 a donné lieu à un bras de fer entre les King et CBS qui souhaitait censurer une séquence animée. Finalement, un accord a été trouvé et un panneau indiquant la censure de la chaîne apparaît dans l'épisode 8 de la saison en question. Et dire que le pilote avait été tourné avant l'élection de Donald Trump dont il existe deux versions, l'autre débutant avec la victoire d'Hillary Clinton. Est-ce que "TGF" aurait été différente ? Impossible de le savoir, mais une chose est sûre : les King ne se contentent pas de dénoncer les agissements de Trump puisqu'ils s'attaquent aussi au racisme, hélas bien trop présent aux USA, et à la place de la communauté noire au sein de la société US depuis les débuts de la série.

Tout débute un an après le final de "TGW" avec une énorme escroquerie orchestrée par Henry Rindell (Paul Guilfoyle-"Les Experts Las Vegas") détruisant la réputation de sa fille, la jeune avocate Maya (Rose Leslie-"Game Of Thrones" et Madame Kit Harrington alias Jon Snow à la ville), réduisant à néant les économies de sa marraine et mentor Diane Lockhart (Christine Baranski). Les deux femmes décident ainsi de rejoindre le cabinet de Reddick (Louis Gossett Jr), Boseman (Delroy Lindo) et Kolstad (Erica Tazel) dirigé par des associés afros-américains, et qui se distingue en traitant des affaires en lien avec la brutalité policière dans l'Illinois. Des différents vont également opposer les employés noirs et blancs dans la saison 3 en raison d'une inégalité salariale. Exit les Florrick et la majorité des protagonistes de "The Good Wife". Marissa Gold (Sarah Steele) et Lucca Quinn (Cush Jumbo), seconds rôles dans la série originale, sont de retour aux côtés de Diane ainsi que quelques invités prestigieux parmi lesquels Carrie Preston, Michael J.Fox ou encore Matthew Perry, déjà vus dans "TGW", auxquels viennent s'ajouter dans la saison 3 Gina Gershon en vrai-faux sosie de Melania Trump et le redoutable Michael Sheen ("Masters Of Sex"). On pourra juste regretter que le personnage de Maya soit moins présent en raison de son éviction du cabinet à la suite du fameux conflit opposant les salariés.

L'avantage de "The Good Fight" est qu'on peut la regarder sans pour autant avoir vu "The Good Wife", bien qu'en étant son spin-off et une suite directe, avec des anciens et des nouveaux personnages. L'histoire est bien différente et ne fait jamais de lien direct avec son aînée, même si nous y retrouvons Diane et son mari Kurt (Gary Cole) qui lui sera d'une aide précieuse lors de la saison 3.

"The Good Fight" porte bien son nom et la saison 3, toujours très engagée politiquement, est un point d'orgue brillant mais dérangeant, l'omniprésence de Donald Trump prenant le pas sur tout le reste. Bien sûr, il faut accepter une production ouvertement démocrate, ce qui n'est pas un problème. Reste une série intelligente comme l'était "The Good Wife", dans la continuité de cette dernière tout en ayant su s'en démarquer. Elle bénéficie également d'un casting impeccable porté avec brio par Christine Baranski, forte et fragile à la fois.

A l'approche des résultats des élections présidentielles américaines, "TGF" est plus que jamais d'actualité. Au cours de son mandat, Donald Trump aura réussi à diviser et à affaiblir un pays puissant, attiser la haine au lieu d'apaiser les esprits et aggraver des problèmes déjà présents sans oublier une mauvaise gestion de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Cependant, tout espoir n'est pas perdu, et le combat de "TGF" n'est pas encore terminé...

Série "The Good Fight" Saisons 1/2/3 DVD CBS 2017/2020

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Album "Chromatica" de Lady Gaga Interscope/Streamline Records 2020

Publié le par Annie et Kristel

Zoom sur Lady Gaga à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Chromatica"...

Déjà le sixième opus pour Lady Gaga, une musicienne accomplie qu'on ne présente plus, et dont nous suivons la carrière depuis ses débuts. Révélée par "Just Dance" avec la participation de Akon, la Mother Monster a fait du chemin depuis, ponctué par des tubes toniques comme "Poker Face", "Paparazzi", "Bad Romance", "Alejandro", "Telephone" en duo avec Beyonce (extraits de "The Fame Monster").

S'en sont suivis "Born This Way", "Judas", "Yoü And I", "The Edge Of Glory" feat le regretté Clarence Clemons, "Marry The Night" (parus sur "Born This Way"), "Venus", "Applause" (disponibles sur "Artpop") avant de changer de direction musicale, plus sobre, intimiste, moins dansante avec l'album "Joanne" produit par Mark Ronson, en hommage à sa grand-mère disparue, portés par les singles "Perfect Illusion", "Million Reasons", "John Wayne" et "Angel Down".

Le public connaissait jusqu'a présent Lady Gaga sous un jour excentrique, notamment par ses clips sexy chic, à l'univers sombre, tourmenté, empreint de mysticisme, et où planait l'influence de Madonna, sans oublier ses tenues dont la fameuse robe en viande qui avait enflammé les esprits. Ses déboires sentimentaux, son enfance aisée, son goût pour la mode et sa célébrité chèrement acquise (au départ, personne ne pensait qu'elle deviendrait une star) étaient autant de thèmes présents dans ses chansons qui auraient pu faire injustement oublier à ses détracteurs que Lady Gaga, artiste à l'oreille absolue, avait du talent.

Mais le changement opéré avec l'album "Joanne" a été suivi du succès planétaire, récompensé et mérité du long-métrage "A Star Is Born", nouvelle adaptation d'un classique hollywoodien au charme indémodable. Un temps associés à ce projet, Clint Eastwood pour la réalisation et Beyonce en vedette, les deux stars ont ensuite jeté l'éponge, remplacés par l'irrésistible et attachant duo Lady Gaga (dans son premier grand rôle au cinéma après des apparitions dans des films et séries) et Bradley Cooper, ce dernier officiant devant et derrière la caméra. Avec une alchimie évidente et des titres phares de la bande-son tels que "Shallow", "Always Remenber Us This Way" et "I'll Never Love Again" en guise de conclusion, le remake efficace et dans l'air du temps ne pouvait que nous séduire, grâce également aux collaborations de Mark Ronson et Lukas Nelson, fils de Willie, qui apparaît aussi dans le film.

Surtout, il nous a permis de découvrir une autre facette de Lady Gaga, qui a fini de convaincre les sceptiques sur ses capacités artistiques : peu maquillée, sans tatouages, plus blonde mais châtain, avec une voix forte, puissante et emplie d'émotion, celle de vouloir réussir grâce à sa passion pour la musique. C'est d'ailleurs pour cela que nous vous en parlions dans notre dernière chronique consacrée au film "Wild Rose" pour leurs ressemblances et différences : un sujet presque similaire (deux chanteuses en route vers la gloire, non sans embûches) dans un contexte socio-économique différent et son traitement, l'un de façon plus européenne que l'autre. Dans le cas du personnage de Lady Gaga, sa composition parfaite, plus vulnérable et fragile qu'à l'accoutumée, a été un miroir de son propre passé, ses difficultés pour s'imposer, ses complexes. Impossible de ne pas saluer sa performance.

Forte de cette brillante expérience et également à l'initiative du grand concert virtuel "One World" réunissant de nombreux artistes confinés dont les Rolling Stones (voir notre article sur leur clip "Living In A Ghost Town"), mis en place par l'organisation Global Citizen, pour récolter des fonds afin de soutenir les soignants mobilisés face à la pandémie de Coronavirus, Lady Gaga revient avec son sixième album studio placé sous le signe du rose. Le ton (et la couleur) est donné dès le premier single clippé "Stupid Love", de nouveau proche du son Madonna. La parenthèse "A Star Is Born" est bel et bien refermée. A présent, Lady Gaga semble vouloir renouer avec le style musical et visuel qui l'ont fait connaître, flamboyant, avec un zeste de nouveauté, de provocation et un look glamour, au risque d'en dérouter certains.

Une impression confirmée par le second extrait clippé "Rain On Me" en duo avec Ariana Grande, où les poignards et la pluie symbolisent leurs traumatismes : pour Lady Gaga ses problèmes de santé, l'agression sexuelle subie lors de ses débuts, les calomnies, et dans le cas de Ariana Grande l'attentat de Manchester perpétré lors de son concert et déjà évoqué dans sa chanson "No Tears Left To Cry". Une complicité et une force commune afin de s'affranchir de ces obstacles en restant dignes sous la pluie.

Enfin, le dernier en date, "911", possède des accents religieux qui ne sont pas sans évoquer l'esprit de "Judas". Les trois vidéos, déjà des hits, sont disponibles à la fin de cette chronique. Ajoutons à cela les participations du girls band de K-Pop BlackPink sur "Sour Candy" et son ami de longue date Elton John avec "Sine From Above". Notre version chroniquée de "Chromatica" est au format digipack Deluxe avec 3 titres supplémentaires venant s'additionner aux 16 déjà existants, soit 19 ("Love Me Right" ainsi que des pistes alternatives de "1000 Doves" et "Stupid Love"), agrémenté d'un superbe livret comportant de nombreuses photos.

Qu'importe l'orientation musicale de Lady Gaga, qui vient par ailleurs d'être choisie pour la campagne publicitaire du parfum "Voce Viva" de Valentino (voir photo ci-dessus), son savoir-faire est indéniable. "Chromatica" est un album solaire, festif, doucement rétro, qui vous fera danser jusqu'au bout de la nuit pour oublier vos soucis en ces temps troublés et vous apporter du rose à l'âme...

Album "Chromatica" de Lady Gaga Interscope/Streamline Records 2020

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