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Film "Damien veut changer le monde" de Xavier De Choudens DVD Apollo Films/Warner 2018/2019

Publié le par Annie et Kristel

Une comédie feel good mais pas que...

Vous avez envie de vous changer un peu les idées tout en réfléchissant à une façon efficace d'améliorer notre société ? Le film "Damien veut changer le monde" est l'occasion rêvée de méditer sur ce thème.

l'histoire : Damien et sa sœur Mélanie ont vécu une enfance bercée par les engagements militants de leurs parents. Vingt ans plus tard, Damien, devenu surveillant dans une école primaire, mène une vie tranquille. Un jour, pour sauver l'un de ses élèves et sa mère d'une expulsion de territoire, Damien convainc Mélanie, son meilleur ami Rudy et une bande de potes improbable de l'aider. Ils vont enfreindre la loi par solidarité. Et très vite se faire complètement dépasser...

"Damien veut changer le monde", réalisé par Xavier De Choudens, est une comédie sociale façon Ken Loach à la française, cependant traitée de façon plus légère, partiellement inspirée d'une histoire vraie mais à l'issue plus heureuse. Le réalisateur s'est beaucoup investi par le biais d'un important travail de recherches et de rencontres avec des associations, travailleurs sociaux, avocats. Ayant intégré la sélection officielle du festival de l'Alpe d'Huez 2019, le film aborde un sujet brûlant d'actualité, l'avenir des migrants dans notre pays, à travers le regard de Damien qui veut tout faire pour les aider, quitte à contourner à sa manière, touchante et maladroite, les règles établies au nom de la générosité et surtout de l'altruisme. Comment ne pas penser au sort de nombreux réfugiés, et plus récemment les Ukrainiens, que l'Europe a accueilli et aidé ? Même si l'œuvre a été tournée avant ces événements dramatiques, impossible de ne pas y voir un rapprochement involontairement prémonitoire.

Franck Gastambide se glisse aisément dans la peau du doux rêveur Damien (un rôle écrit spécialement pour lui) en prouvant toute l'étendue de son talent et la diversité de son répertoire, différent de la célèbre saga "Taxi" par exemple, "Pattaya" ou la série orientée rap "Validé" récemment diffusée sur Canal +, dont il est à l'origine, ayant révélé Hatik. A ses côtés, son ami Rudy qui le suit dans cette aventure, est interprété par le rappeur/acteur et auteur Gringe, dont nous vous parlons régulièrement sur le blog, pour son expérience au sein des Casseurs Flowters, les sorties de son excellent album "Enfant Lune" et l'émouvant livre témoignage sur sa relation avec son frère schizophrène intitulé "Ensemble, on aboie en silence". Viennent s'ajouter à cette distribution Youssef Hajdi, la révélation Melisa Sözen, Patrick Chesnais, parfait dans le rôle du père de Damien, Claire Chust ("Scènes de ménage"), sans oublier la comédienne Liliane Rovère, échappée de "10%", et l'humoriste/actrice/chanteuse Camille Lellouche, auxquelles nous avons déjà consacré deux chroniques, pour la première sa brillante autobiographie très jazzy, "La folle vie de Lili", et pour la deuxième son duo sensible avec Grand Corps Malade, dévoilant une autre facette de sa personnalité, sur "Mais je t'aime".

"Damien veut changer le monde", bien plus qu'une comédie, une fable des temps modernes...

Film "Damien veut changer le monde" de Xavier De Choudens DVD Apollo Films/Warner 2018/2019

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Album "Music of the Spheres" de Coldplay Parlophone 2021

Publié le par Annie et Kristel

La musique des étoiles...

Pour notre nouvelle chronique, nous avons choisi de vous faire découvrir, si vous ne le connaissez pas déjà, le neuvième album du quatuor britannique Coldplay, ou plutôt le EP, car cet opus se compose seulement de sept chansons. Produit par Max Martin et intitulé "Music of the Spheres" avec en guise de sous-titre " Vol I. From Earth With Love", cet album concept, dont l'écoute passe bien trop vite, appelle forcément à une suite. Vous l'aurez compris, le thème central est l'espace, un sujet depuis toujours cher à Coldplay par son mystère, son esthétisme ainsi que la possibilité (ou pas) d'une autre forme de vie. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que l'album a été lancé au printemps 2021 depuis la Station Spatiale Internationale avec l'aide du très populaire Thomas Pesquet, qui a pu échanger avec le groupe grâce au miracle de la technologie. Défendant une cause commune, la sauvegarde de notre belle et fragile planète, leur "rencontre" était écrite dans les étoiles.

Il faut dire que la formation emmenée par Chris Martin, le charismatique leader de Coldplay (et ex-mari de Gwyneth Paltrow) a toujours su bien s'entourer, à l'instar de feats avec Beyoncé pour "Hymn For The Weekend" ou Rihanna et "Princess Of China" notamment. Pour "Music of the Spheres" (rien à voir avec l'album éponyme de Mike Oldfield), le groupe ne déroge pas à la règle en invitant BTS, le phénomène mondial de K-Pop sur le tube "My Universe", magnifiquement réalisé par notre "ami" Dave Meyers dont nous vous parlons régulièrement. Une profusion de couleurs, un soupçon du film "Avatar" pour l'influence déjà présent dans "Higher Power" (premier extrait clippé de l'album), d'extraterrestres tous plus originaux les uns que les autres réunis virtuellement au nom de l'amitié universelle et l'amour de la musique. Un titre entraînant, entêtant pour un succès bien mérité.

Le troisième extrait, "Let Somebody Go" en duo avec Selena Gomez, est une véritable pépite, tant musicalement que visuellement, illustré par un clip en noir et blanc qui accentue le côté nostalgique, mélancolique de cette balade, sa particularité étant également de mettre en scène des univers inversés, comme dans le film culte "Up And Down", idée déjà reprise par Soprano dans son clip "Amour Siamois" feat Lili Poe. Une émotion bien présente par l'union des voix de Selena Gomez et Chris Martin.

A l'heure où la conquête spatiale est plus que jamais d'actualité, l'album "Music Of The Spheres" s'inscrit parfaitement dans l'air du temps. Coldplay a réussi le pari de nous faire voyager dans son univers en sept titres parfaits, même si nous ne nous sommes concentrées ici que sur les trois singles, tous mis en image par Dave Meyers, à retrouver à la fin de notre chronique.

En attendant le volume 2, n'hésitez pas à plonger dans un monde où tout commence et rien ne finit...

Album "Music of the Spheres" de Coldplay Parlophone 2021 

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Livre "L'écume bleue" de Paul Blanchot M+ Editions 2022

Publié le par Annie et Kristel

Flash spécial : "L'écume bleue", le nouveau roman de Paul Blanchot est arrivé...

L'histoire : 2022, Alerte rouge météorologique. Une tempête de niveau 5, Dorothy, s'abat sur les côtes françaises et un poison mortel se répand à la surface de l'eau, autour du globe. Les océans et les mers ne sont plus sûrs. Que se passe-t-il ? D'étranges créatures marines font surface, des bateaux disparaissent, les niveaux océaniques et marins débordent avec des hauteurs jamais vues, l'origine de l'écume est inexplicable. Combien de temps cela va-t-il durer ? Drake était un mort en survie au milieu des océans, un être hors normes. Ni homme, ni poisson, le sans terre et sans racine, le sauveteur au destin autodestructeur est le personnage principal de ce thriller apocalyptique saupoudré de fantastique à glacer le sang.

L'auteur Paul Blanchot, diplômé d'un Master de jeux vidéos, Management et Game Design, écrit des romans avec passion depuis l'adolescence (presque toujours en réalité, ses cahiers d'écolier en témoignent). Un parcours propice à la création de personnages, de lieux, d'intrigues auxquels s'ajoute une grande part de magie. Des ingrédients idéaux pour altérer la réalité et conférer à ses récits une bien plus vaste envergure.

C'est toujours avec plaisir et curiosité que nous découvrons un nouveau livre de Paul Blanchot, auteur que nous suivons depuis longtemps et dont nous vous avions déjà parlé sur le blog dans une précédente chronique consacrée à l'un de ses ouvrages, "Conducteur de nuit". Avec "L'écume bleue", celui-ci nous fait pénétrer dans un monde apocalyptique aux frontières de la dystopie, pas si éloigné que cela de notre réalité. Un constat formulé comme un avertissement pour l'avenir ainsi que la protection de la planète, une mise en garde contre toutes les dérives de la technologie actuelle, de la société entraînant une pollution des mers, des océans. C'est à travers le regard de l'étrange Drake que nous plongeons au cœur de l'action, riche en rebondissements, sans temps mort grâce à l'écriture de Paul Blanchot, efficace, nerveuse, précise, tout en y insufflant une touche de poésie empreinte de sensualité. Un amour des mots qu'il manie avec aisance, acquise grâce à son expérience professionnelle lui ayant permis de nourrir davantage son imaginaire et ainsi de transmettre son savoir-faire à ses lecteurs dont nous faisons bien entendu partie.

"L'écume bleue" de Paul Blanchot vous fera voyager au sein de notre planète, la si bien nommée Planète bleue...

Livre "L'écume bleue" de Paul Blanchot M+ Editions 2022

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Film "Teen Spirit" de Max Minghella DVD Metropolitan 2018/2019

Publié le par Annie et Kristel

Croire en ses rêves...

Le printemps est de retour avec des promesses de beaux jours malgré une actualité mondiale plutôt anxiogène. Afin de se changer un peu les idées, nous avons pensé vous proposer de découvrir le film méconnu "Teen Spirit" avec Elle Fanning dans le rôle principal, dont la particularité est d'évoquer avec originalité et réalisme le rêve de gloire d'une artiste en herbe tentant sa chance dans un télé-crochet...

L'histoire : Violet, une adolescente passionnée par le chant, rêve de quitter sa ville et de devenir pop star. Accompagnée d'un mentor improvisé, elle participe aux auditions de "Teen Spirit", un télé-crochet national. Une expérience qui mettra à l'épreuve son intégrité, son talent et son ambition...

"Teen Spirit" fait partie de ces films qui passent malheureusement inaperçus en dépit de la qualité narrative et du message d'espoir qui s'en dégagent, dans un contexte plus proche de la réalité que d'autres "Success Story", certes aussi agréables à regarder mais à la véracité dont on pourrait facilement douter. Une production typiquement européenne dans le plus pur style cinématographique/musical que nous apprécions et dont nous vous avons déjà parlé sur le blog, à l'instar de "Wild Rose" où l'héroïne se bat pour réaliser ses rêves, s'imposer, s'améliorer, se remettre en question.

"Teen Spirit" marque la première expérience réussie de réalisation pour le comédien Max Minghella (fils du grand Anthony), connu notamment pour ses incarnations de Divya Narendra dans "The Social Network" et surtout le chauffeur Nick Blaine dans la série à succès "The Handmaid's tale" alias "La servante écarlate". Un regard frais, nouveau qui explique en partie le point de vue du long-métrage qui se veut intimiste, à l'ambiance tamisée, feutrée.

Mais l'atout majeur incontestable de cette production est évidemment la présence de l'actrice/mannequin Elle Fanning, sœur de Dakota (et bien plus que cela) qui s'est totalement impliquée au service de son personnage, Violet. En effet, celle-ci interprète elle-même plusieurs chansons présentes dans la BOF, reprenant de nombreux titres connus. On peut citer notamment "Lights" d'Ellie Goulding, "Wildflower" de Carly Rae Jepsen ou "Dancing On My Own" de Robyn.

Afin d'épauler la tête d'affiche, Max Minghella a fait appel à un acteur croate chevronné, Zlatko Buric pour le rôle de Vlad. Ce comédien a été révélé par Nicolas Winding Refn (réalisateur du film "Drive" avec Ryan Gosling), dans sa géniale trilogie "Pusher" où il y incarnait Milo, un gangster implacable et violent.

Enfin, le producteur de "Teen Spirit", film musical par excellence, n'est autre que Fred Berger, déjà à l'origine de "La La Land". L'acteur Jamie Bell, révélé par "Billy Elliot", officie quand à lui au poste de producteur délégué sur le long-métrage.

"Teen Spirit", un film qui sort des sentiers battus, tout en abordant un sujet universel, la quête de réussite et du bonheur afin d'oublier un quotidien morose. Croire en ses rêves pour pouvoir enfin les vivre...

Film "Teen Spirit" de Max Minghella DVD Metropolitan 2018/2019 

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L'énigmatique "Club des 27"

Publié le par Annie et Kristel

"Le Club des 27", hasard ou fatalité ?

​​​De gauche à droite : Janis Joplin, Kurt Cobain, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Amy Winehouse et Brian Jones

Après une longue absence indépendante de notre volonté, nous avons souhaité aujourd'hui vous proposer un sujet auquel nous pensions depuis longtemps : le tristement célèbre et mystérieux "Club des 27" dont la particularité est d'accueillir régulièrement de nouveaux membres parmi les artistes de toutes catégories, et en particulier de nombreux musiciens. Comme vous l'aurez compris, la liste complète du "Club des 27" étant hélas trop longue, nous ne pouvons pas la publier ici dans son intégralité. C'est pour cette raison que nous avons préféré opter pour une sélection des figures les plus emblématiques devenues au fil des décennies des légendes de la musique. Nous n'oublions pas pour autant les autres grands noms dont Jean-Michel Basquiat ou Robert Johnson, tous partis trop tôt, trop jeunes, trop vite...

​​​​​Amy Winehouse, si fragile

Amy Winehouse, au nom prédestiné, a tragiquement fait son entrée dans le Club, à 27 ans, en 2011. Une commémoration beaucoup médiatisée l'année dernière à l'occasion des 10 ans de sa disparition. Une auteure-compositrice-interprète de talent, un charisme indéniable, un look rétro adopté dans le but de séduire son futur ex-mari qui la rendait unique, et surtout cette voix vibrante d'intensité, faite pour la Soul, idéale pour nous conter ses amours tourmentées et ses addictions. Souvenez-vous de "Rehab" où elle clamait ouvertement son refus de se faire désintoxiquer sur les conseils de son père manager, bien trop présent mais pas de la bonne manière. Ce n'est pas pour rien que l'album "Back To Black", dont est extrait ce titre, est à présent un classique. Après une courte vie marquée par un succès fulgurant et consumée par des excès (alcool, drogue), un entourage toxique, Amy, l'étoile filante au côté destroy, trop fragile pour ce milieu, s'est éteinte en raison d'une dose létale d'alcool. Sa disparition, bien que sans surprise, a laissé un grand vide pour tous ceux à qui elle a tant donné et que personne n'oubliera.

​​​​​​Kurt Cobain, génération Grunge

Après une accalmie de 1969 à 1971, "le Club des 27" s'était éloigné des rockstars de 27 ans. C'était avant le 5 avril 1994, date choisie par Kurt Cobain pour se suicider. Dépressif depuis son adolescence, atteint de douleurs abdominales chroniques, l'inoubliable leader de Nirvana ne voulait pas du succès que l'album culte "Nevermind" a engendré, notamment porté par l'inoubliable titre "Smells Like Teen Spirit". Rappelons que nous fêtions en 2021 les 30 ans de la sortie de l'opus avec en prime une polémique autour du bébé nu sur la pochette qui a fait couler beaucoup d'encre : celui-ci, devenu adulte, ayant décidé d'attaquer le groupe pour faire valoir ses droits liés à une décence tardive. Le grunge, que Kurt Cobain avait inventé, était arrivé en haut des charts sur un malentendu : c'était en réalité un style musical profondément sombre. Ses auteurs cachaient derrière un look très décontracté un mal de vivre entraînant des penchants addictifs. Accro à l'héroïne, marié à l'actrice-chanteuse Courtney Love, alors leader du groupe Hole et elle aussi junkie (dont le doute plane toujours sur la présomption de participation au meurtre de son mari), père d'une petite fille, Frances Bean, Kurt Cobain venait tout juste de s'évader d'un centre de désintoxication. Le choc fut immense. Une nouvelle étoile venait de s'éteindre. Dans sa lettre d'adieu, il précisait d'ailleurs, à travers les paroles d'une chanson de Neil Young "Hey Hey My My", le mot d'ordre fataliste du Club des 27 : "Il vaut mieux brûler franchement que s'éteindre à petit feu." Tout était dit dans ce message à priori sans équivoque, touchant profondément Neil Young, se sentant responsable de cette tragédie.

Jim Morrison, le Roi Lézard

"Je suis le Roi Lézard. Je peux tout", déclamait Jim Morrison, chanteur des Doors, dans son poème "The Celebration Of The Lizard". Tout... Jusqu'à l'immortalité. Difficile de parler de Jim Morrison sans évoquer sa beauté sauvage, sa sensualité à fleur de peau mais surtout sa grande et paradoxale timidité. Car oui, cette rock star était un être fragile, qui savait depuis toujours que sa vie serait de courte durée. Sur scène, le charisme du musicien était indéniable : provocateur, interpellant le public avec des textes, une attitude et une voix ayant véritablement changé le visage du rock. Derrière lui, trois musiciens, ses trois amis : Ray Manzarek aux claviers, Robbie Krieger à la guitare et John Densmore à la batterie, restés presque dans l'ombre. En six albums, les Doors ont prouvé que le rock n'était pas incompatible avec une poésie empreinte de mysticisme. C'est à Paris que Jim Morrison avait ensuite choisi de fuir les Etats-Unis où il était une célébrité controversée, pour mieux connaître l'anonymat. Déprimé par ses procès, sa vie tumultueuse rongée par l'addiction à l'alcool, il n'était plus que l'ombre de lui-même, se rapprochant inexorablement de son funeste destin, qu'il devinait proche. Les décès prématurés de Brian Jones, Janis Joplin et Jimi Hendrix l'avaient marqué. L'auteur de "The End" plaisantait lui-même sur le fait qu'il serait peut-être le quatrième. Retrouvé mort dans sa baignoire au petit matin par sa compagne toxicomane Pamela Courson, dans la nuit du 2 au 3 juillet 1971, le mystère reste entier sur la cause réelle de la disparition de Jim Morrison qui aurait en fait succombé à une overdose d'héroïne pure (initialement prévue pour Pamela) dans les toilettes d'un bar parisien, le Rock'n'roll Circus. Triste épilogue pour cet artiste dont le souvenir reste intact, incarnant le symbole moderne du poète maudit. Il repose désormais au cimetière du Père-Lachaise aux côtés de ceux dont il se rêvait l'héritier. Ses fans n'hésitent pas à lui rendre régulièrement hommage.

Janis Joplin, le blues dans la peau

 Fauchée en pleine gloire, Janis Joplin incarne plus que tout autre artiste le rêve hippie : son style vestimentaire et son mode de vie très roots lui valent d'être aujourd'hui encore l'emblème de ceux qui cherchent une façon de vivre loin des normes. Souvent injustement critiquée pour son physique, elle avait ensuite pris sa revanche en adoptant un look excentrique mais surtout grâce à sa voix bluesy, sensuelle qu'elle allait chercher au fond de son âme. Sur scène, comme à Woodstock, elle était magnifiée par la puissance de ses interprétations, habitée par la musique. Certaines de ses inflexions étaient toutefois liées à son goût pour le bourbon, qu'elle consommait en grande quantité. Janis Joplin était aussi héroïnomane : comme souvent, une partie de son entourage essayait de la faire décrocher tandis que l'autre la poussait à en consommer. Le 4 octobre 1970, 16 jours après Jimi Hendrix, Janis Joplin était retrouvée dans sa chambre, inanimée. L'analyse médico-légale confirmait une surdose d'héroïne, bien que la seringue ait disparu de la pièce. Pour le monde du rock, l'heure n'était pas à la stupéfaction : cette grande dame, cette Lady chantait l'amour et la mort avec un timbre déchirant mais sa réputation de junkie était malheureusement connue de tous. Son public se demandait parfois comment une toute jeune femme arrivait à se produire en live. Pourtant, sans le savoir, ils avaient eu l'honneur de voir le premier membre féminin du "Club des 27" herself, alors plus vivante que jamais, avec pour preuve les divers enregistrements qu'elle nous a légués pour l'éternité.

Jimi Hendrix, le guitariste de génie

Magique, tout simplement. Jimi Hendrix reste l'un des meilleurs guitaristes, imité mais jamais égalé. Showman incroyable, il savait captiver les foules grâce à sa faculté à égrener les notes d'une manière touchant au virtuose, agrémentée d'un jeu de scène impressionnant, n'hésitant pas à bousculer les codes en cassant, brûlant ses guitares quand il ne les manipulait pas avec les dents. Pourtant, pour ce gaucher américain, rien n'était gagné. Aux Etats-Unis, le succès n'était pas au rendez-vous. C'était sans compter sur l'Angleterre, alors point de ralliement musical de cette époque, qui l'accueillit à bras ouverts, faisant de lui une star. Mais une malheureuse interaction entre alcool et somnifères arrêta brutalement la carrière de Jimi Hendrix. Après l'annulation d'une tournée en Europe, le guitariste prenait un peu de repos à Londres quand il fut retrouvé mort le 18 septembre 1970. Il s'apprêtait à terminer son quatrième album. Un processus de plusieurs mois qui lui avait fait enregistrer une quantité phénoménale de chansons, qu'on retrouve depuis sur de nouveaux disques. En effet, rares sont les artistes rock à avoir sorti plus d'albums studios après leur mort que de leur vivant. C'est cette productivité qui rend sceptiques les fans sur le caractère accidentel de sa disparition : son manager Michael Jeffery avait en effet beaucoup à gagner avec ce décès, tandis que Jimi Hendrix souhaitait le licencier. Une rumeur persistante veut que l'entrée de Jimi au "Club des 27" ait été provoquée par ce machiavélique personnage, disparu deux ans plus tard dans un accident d'avion.

Brian Jones, l'âme des Rolling Stones

Les puristes préfèrent Brian Jones à Keith Richards et Mick Jagger. Au début des Rolling Stones qu'il avait d'ailleurs fondés, c'était lui le leader, le vrai musicien qui donna l'impulsion de passer du blues à quelque chose de différent, un courant musical entre pop et rock. Tout bascula pourtant en 1967. Sentant son influence baisser face à Mick Jagger et Keith Richards qui composaient davantage que lui, il s'enfonça dans la drogue. Keith lui vola sa fiancée, Anita Pallenberg, et il finit par quitter le groupe en juin 1969. Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1969, deux ans jour pour jour avant Jim Morrison, on le retrouva noyé au fond de sa piscine. Une bien triste fin pour un musicien qui avait tant à offrir malgré son mal de vivre et son besoin incontrôlable de se détruire. Dans son sang, alcool et somnifères expliquaient en partie son décès. Sauf que depuis 50 ans, on sait qu'un certain Frank Thorogood rôdait autour de la piscine peu avant sa disparition. Cet entrepreneur en rénovation aurait avoué sur son lit de mort avoir poussé le pauvre Brian à l'occasion d'une dispute. Brian Jones, avec sa blondeur angélique, restera à jamais celui qui a permis aux Rolling Stones d'exister, d'endosser le rôle des bad boys face aux "gentils" Beatles et d'entrer dans l'histoire du rock.

"Le Club des 27" demeure une énigme malgré des artistes de différentes époques enclins à l'autodestruction, aux excès en tous genres pouvant expliquer en partie leurs disparitions prématurées à un âge charnière. Mais les circonstances, souvent différentes, restent nébuleuses. Chacun est libre de se faire sa propre opinion, rationnelle ou moins explicable. Une chose est sûre : ces légendes continueront toujours d'exister à travers leur art, éternel.

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Livre "Résilience" d'Ophélie Winter Editions Harper Collins 2021

Publié le par Annie et Kristel

Souvenirs, souvenirs...

Pour bien commencer l'année 2022 que nous vous souhaitons belle et heureuse, nous avons pensé vous proposer la chronique de l'autobiographie d'Ophélie Winter, écrite en collaboration avec Pauline Bonnefoi. L'occasion idéale de faire le point sur sa vie et sa carrière.

Présentation : Icône, star des années 1990, égérie de M6, musicienne à l'origine d'un nouveau style, Ophélie Winter reste l'idole d'une génération. Du hit-parade aux Victoires de la musique en passant par le cinéma, elle s'est imposée comme une artiste incontournable de la scène française. Jour après jour, elle a tout donné à ce métier qui l'habitait, emportée par le tourbillon du succès. Pourtant, derrière les paillettes, personne ne connaît vraiment l'histoire de cette personnalité authentique et viscéralement à fleur de peau, plongée dès l'enfance dans l'univers du showbiz. Réduite par les médias à une image de poupée blonde, elle s'est forgée un caractère de battante pour affronter les revers de la célébrité et les coups durs de la vie. Pour la première fois, dans un récit intime et sans fard, Ophélie partage avec nous la leçon que la vie lui a apprise : la résilience.  

Jusqu'à présent, Ophélie Winter n'avait jamais voulu publier d'autobiographie, craignant de ne pas avoir une vie assez remplie. C'est désormais chose faite avec "Résilience" qui nous démontre, une fois de plus, qu'il ne faut jamais se fier aux apparences.

Effectivement, l'artiste aux multiples facettes nous plonge tout d'abord dans son enfance difficile auprès de son frère, sa mère et manager, omniprésente mais pas toujours bienveillante, qui souhaite voir sa fille entrer dans le milieu artistique et réussir là où elle-même a échoué. Nous les pensions très proches, mais la vérité est tout autre, bien plus cruelle en raison de ses trahisons. Un père, le chanteur David-Alexandre Winter, brillant par son absence mais aussi par sa lâcheté. Comment une petite fille peut-t-elle devenir une jeune femme épanouie dans un environnement toxique, où plane également l'ombre d'un oncle pédophile ? Mais malgré toutes ses fêlures, Ophélie parvient à se faire une place dans le mannequinat, puis à la télévision sur la petite chaîne qui monte, M6, la musique et le tube "Dieu m'a donné la foi" extrait de son album "No Soucy", sans oublier le cinéma avec des anecdotes de tournages. Viennent ensuite les hommes de sa vie dont elle parle avec pudeur et retenue, ne les appelant que par la première lettre de leur prénom, excepté pour son pygmalion, le regretté Prince, suivis des médias en quête perpétuelle de scoop et n'hésitant pas à la harceler, même lorsque la maladie la frappe durement, la laissant seule et désemparée.

"Résilience", bien plus qu'un livre, l'histoire d'une vie, d'une femme qui ne baisse jamais les bras, une battante qui nous émeut, à la personnalité attachante, très loin d'être superficielle. 

Livre "Résilience" d'Ophélie Winter Editions Harper Collins 2021 

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Clip "Merry Christmas" d'Ed Sheeran et Elton John 2021

Publié le par Annie et Kristel

Un Noël musical en compagnie d'Ed Sheeran et Elton John...

En cette période hivernale, nombreuses sont les chansons de Noël qui fleurissent, tentant de conquérir le cœur du public et de faire (un peu) oublier le mythique "All I Want For Christmas Is You" de Mariah Carey. Parmi elles, l'amusant "Merry Christmas" d'Ed Sheeran et Elton John nous emmène dans un univers féérique. L'occasion idéale de vous souhaiter un joyeux Noël ainsi que de belles fêtes de fin d'année.

Ed Sheeran et Elton John ont décidé d'associer leur talent pour nous offrir leur première chanson de Noël commune intitulée "Merry Christmas": "Quand ma fille est née, Elton a commencé à m'appeler de plus en plus, parce qu'il est père lui aussi, et il voulait savoir comment j'allais. Il m'a contacté le jour de Noël et m'a dit qu'on devrait faire une chanson ensemble, et je me rappelle avoir pensé "peut-être en 2022". Mais j'ai enregistré le refrain tout de suite en songeant que si ce jour arrive, au moins je l'aurais déjà." explique Ed Sheeran.

C'est la disparition de son ami Michael Gudinski, évoqué dans "Visiting Hours", qui l'a incité à finir la chanson "Merry Christmas" plus tôt que prévu, lui ayant fait réaliser la fragilité de l'existence et l'importance de ne pas trop repousser ses projets. Ed Sheeran a d'ailleurs veillé à ce qu'aucun autre tube de Noël ne porte un nom aussi simple que "Merry Christmas": "Quand on l'a fini, je me suis dit qu'on devrait peut-être changer le titre car il doit y avoir des millions de chansons qui s'appellent comme ça. Je suis allé voir le top 100 de Noël sur Spotify, il n'y avait aucun "Merry Christmas". Pareil sur YouTube. Il y avait "Joyeux Noël" ou "Joyeux Noël à tous."

Le clip, qui parodie gentiment tous les clichés de cette période, nous entraîne au beau milieu de la saison des fêtes et des cadeaux, dans un décor enneigé, avec les deux musiciens habillés de leurs plus beaux pulls de Noël. Autour d'un imposant sapin, au milieu d'une bataille de boules de neige, et même dans le ciel avec un "snowman" sans oublier un clin d'œil au clip d'un autre tube d'Ed Sheeran, le romantique "Perfect", les artistes partagent plus que jamais l'esprit de Noël dans cette vidéo délirante où ils multiplient les looks les plus improbables.

"Merry Christmas", déjà un hit pour la bonne cause puisque tous les profits récoltés par les ventes du single seront reversés à deux associations qui tiennent à cœur les deux musiciens : la Elton John AIDS Foundation, soutien de la recherche contre le sida depuis 1992, et la Ed Sheeran Suffolk Music Foundation qui aide des enfants à accéder à des instruments et des cours de musique.

A noter que "Merry Christmas" est disponible sur l'édition Christmas du nouvel album d'Ed Sheeran "=", où figurent les tubes "Bad Habits" (dont nous vous avions parlé dans une précédente chronique), "Shivers" et "Overpass Graffiti". 

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Clip "Des gens beaux" de Grand Corps Malade 2021

Publié le par Annie et Kristel

Miroir, miroir...

Nous sommes très heureuses de vous retrouver après un problème technique qui nous a empêché de publier sur le blog et également de partager nos articles sur les réseaux sociaux. A cette occasion, nous avons souhaité vous faire découvrir un clip méconnu de Grand Corps Malade, "Des gens beaux" (premier extrait de l'édition Deluxe de l'album "MESDAMES", sorti le 10 septembre), que nous avons hésité à chroniquer en raison de nombreux désaccords, notamment évoqués par le biais de la chanson. Mais l'injustice ne pouvait pas, à nos yeux, être passée sous silence. Voici son histoire...

En juillet dernier, avec son titre clippé "Des gens beaux", Grand Corps Malade a défendu la chanteuse Hoshi, violemment critiquée par le journaliste et auteur Fabien Lecœuvre. Comme à son habitude, le musicien s'engage pour les causes qui lui tiennent à cœur, et ce en musique. Après la polémique au sujet des propos déplacés de Fabien Lecœuvre envers le physique d'Hoshi, survenue en avril, le célèbre slameur a décidé de s'exprimer à sa façon, comme il sait si bien le faire.

Ainsi, le 9 juillet, GCM a dévoilé un clip réalisé par Pierre Nouvel pour sa chanson "Des gens beaux", dans laquelle on entend le chroniqueur dire ces terribles mots : "On a perdu cette notion aujourd'hui des beaux garçons. Quand est-ce qu'on va nous sortir des beaux mecs ou des filles sublimes ? Enfin, vous mettez un poster d'Hoshi dans votre chambre, vous ? Mais elle est effrayante. Elle a du talent cette fille, mais qu'elle donne ses chansons à des filles sublimes."

De son côté, Hoshi a répondu à Fabien Lecœuvre par l'intermédiaire des réseaux sociaux où elle est très active, et a également exprimé sa gratitude à GCM. Visiblement touchée par l'attention de ce dernier, la chanteuse a commenté sur son compte Instagram : "Tu sais parfois les mots, c'est mieux que le silence, j'ai compris ça avec Grand Corps Malade depuis l'enfance." Par la suite, Hoshi a aussi reçu le soutien d'autres artistes comme Angèle, Slimane ou encore Louane.

Mais, cette polémique ne s'arrête pas là. Fabien Lecœuvre n'a pas apprécié le son "Des gens beaux", s'estimant stigmatisé. Selon lui, Grand Corps Malade n'a pas eu l'autorisation d'utiliser sa voix. Il a donc décidé de poursuivre en justice l'artiste ainsi que sa maison de disques, et demande la fin de l'exploitation de la chanson "Des gens beaux" sur tous les supports. Cette récente manœuvre du journaliste a une nouvelle fois été très mal vue. Hoshi a pris la défense de GCM en s'adressant directement à Fabien Lecœuvre via son compte Twitter : "Tu sais monsieur parfois il faut se taire."

Affaire à suivre. En attendant, vous pouvez vous faire votre propre opinion avec le clip "Des gens beaux" qui nous présente un Grand Corps Malade aux multiples visages grâce à la technique du morphing, adoptant aussi brièvement le look caractéristique d'Hoshi aux influences asiatiques, jusqu'à devenir l'homme parfait selon certains critères. Une judicieuse façon de répondre à Fabien Lecœuvre et de lutter contre les diktats de la beauté qui s'avère relative. En effet, à notre avis, l'essentiel, au delà du talent, se trouve dans la beauté du cœur et de l'âme. Voilà notre définition de la véritable beauté.

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Livre "Je ne t'oublierai pas" de Sophie McKenzie Editions Pocket 2016

Publié le par Annie et Kristel

Ne jamais se fier aux apparences...

​​​​​Cela faisait longtemps que nous n'avions pas chroniqué un livre, et pour nous faire pardonner, nous avons choisi de vous présenter aujourd'hui, si vous ne le connaissez pas déjà, l'excellent thriller "Je ne t'oublierai pas" de Sophie McKenzie.

 L'histoire : Art et Gen s'aiment et forment un couple heureux. En apparence du moins, car depuis la mort de leur fille Beth, emportée à la naissance huit ans plus tôt, le chagrin et la douleur rongent Gen et l'empêchent d'avoir un autre enfant. Quand un matin une inconnue sonne à leur porte, annonçant sans préambule à Gen que leur fille est bien vivante, la jeune femme décide de la croire. Seule contre tous, Gen va dès lors tout tenter pour découvrir la vérité, sans se douter de ce que recèle les monstrueuses zones d'ombre de ce passé...

"Je ne t'oublierai pas" est le premier ouvrage de Sophie McKenzie que nous avons lu ou plutôt dévoré. Cette histoire prenante, bouleversante d'un couple face au deuil d'un enfant, épreuve difficile à surmonter car brisant bien des unions, est dépeinte avec justesse et sensibilité, tout en distillant avec habileté du suspense, du mystère, avant les révélations finales qui s'avèrent surprenantes. L'écrivaine a su trouver les mots justes pour nous captiver et nous emporter dans son univers. Impossible en effet d'interrompre sa lecture sans en connaître le dénouement.

Pour info, Sophie McKenzie, ancienne journaliste, est une romancière britannique ayant débuté dans la littérature jeunesse, devenue auteure de séries policières récompensée par de nombreux prix. "Je ne t'oublierai pas" (2014) son premier thriller, a été suivi de "Appelle-moi" (2016), également paru aux éditions Belfond puis en poche chez Pocket. Un livre que nous avons également lu et apprécié, décrivant l'enquête de la meilleure amie depuis dix-huit ans de Julia, qui après avoir découvert un message de cette dernière sur sa boîte vocale peu de temps avant son assassinat, décide, dans un élan de culpabilité, de connaître la vérité et l'identité du meurtrier. Hélas pour nous, ce ne sont que les deux seuls polars de Sophie McKenzie publiés en France à ce jour.

N'hésitez pas à vous plonger dans "Je ne t'oublierai pas", un récit qu'on ne pourra assurément pas...oublier.

Livre "Je ne t'oublierai pas" de Sophie McKenzie Editions Pocket 2016 

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Album "Chasseur d'étoiles" de Soprano REC.118/Warner 2021

Publié le par Annie et Kristel

Embarquez à bord du Frégate en compagnie de Soprano pour une odyssée empreinte de tendre nostalgie...

L'arrivée d'un album de Soprano est toujours un événement, et "Chasseur d'étoiles" sorti le 3 septembre 2021 ne déroge pas à la règle. Soprano est un artiste que nous aimons pour sa bonne humeur, sa positivité communicatives, sachant aborder à travers ses textes des sujets graves ou plus légers. Dernièrement, nous vous avions dévoilé le premier extrait clippé de l'opus intitulé "Près des étoiles" avec Didier Bourdon en guest-star, hommage au titre "Plus près des étoiles" du mythique groupe Gold mais aussi "Petite Marie" de Francis Cabrel. Autant dire que grâce à ce coup de cœur, nous attendions la parution de "Chasseur d'étoiles" avec impatience et curiosité. Puis est venu "Dingue" et son rythme festif, trépidant avec cette fois-ci un autre des Inconnus au casting, Pascal Légitimus. Un clip qui se veut comme la suite de "Près des étoiles", disponible à la fin de cette chronique.

Aujourd'hui, nous vous proposons une immersion dans "Chasseur d'étoiles", un album concept comme sait si bien le faire Soprano avec pour thématique l'espace, bien sûr, mais aussi une certaine nostalgie des années 80/90, revendication dont le musicien est fier, que nous comprenons et partageons. Tout commence avec l'intro qui présente le vaisseau spatial du capitaine Sopra et son fidèle équipage, à l'image d'Albator, le Frégate, la DeLorean de l'infini pour un voyage dans le temps musical. Après les deux titres phares déjà évoqués ci-dessus, "Près des étoiles" et "Dingue", place à "NKOTB" ou si vous préférez "New Kids On The Block", du nom de l'un des premiers boys band emblématiques de cette époque, qui a vu débuter les frères Walhberg, Mark, qui était alors Marky Mark et pas encore acteur, tout comme son frère Donnie.

Il est suivi de "Forrest", qui comme vous le devinez, est un clin d'œil au film culte "Forrest Gump" avec Tom Hanks et Robin Wright, sa boîte de chocolats comparable à la vie, et à la phrase "Cours, Forrest, cours" que reprend Sopra dans un droit à la différence et tolérance. Puis vient le combatif "Bruce Lee", référence éponyme au regretté acteur et expert en arts martiaux, disparu bien trop tôt, comme son fils Brandon. Le tendre "Bébé love" fait ensuite place à "La boum", un son directement inspiré du film ayant vu débuter Sophie Marceau, servant de lien avec la chanson suivante "Justine & Aldelkrim" alias Cri-cri d'amour. Soprano n'a jamais caché son attachement pour le Club Do (Club Dorothée), la célèbre émission de TF1 des 80/90's, ayant accueilli des sitcoms durant les grandes années d'AB Productions dont "Premiers baisers" avec Justine ou "Hélène et les garçons" et son fameux Christian "Cri-cri d'amour" campé par Sébastien Roch, l'un des personnages de nouveau présent dans la suite de la série, "Les mystères de l'amour", auxquels rend hommage Soprano dans ce titre survitaminé.

Changement de style avec "Racine", ode au continent africain, contre le racisme qui ne doit jamais gagner. "Rappelle-moi" évoque quand à lui le thème universel de l'amitié, tandis que "Mon silence" et "Paranoïa" reviennent sur les maux de notre société. "Le grand bleu" feat Mc Solaar est sans conteste une réussite totale pour une collaboration orientée rap, inspirée par "Titanic", les sirènes et surtout le film de Luc Besson avec Jean-Marc Barr, Jean Reno et Rosanna Arquette, qui nous a tant fait rêver. L'entraînant "Planète Mars 2021" accompagné de Jul, SCH et le cousin de Soprano, Alonzo, s'avère être une véritable déclaration d'amour à leur ville, Marseille (Mars pour les intimes) mais également à l'OM. Ce son fait suite à leur album commun de 2020 "13'Organisé", un carton dans les bacs, certifié disque de platine, dont la particularité était de regrouper de nombreux artistes marseillais. Enfin, l'émouvant "Roi lion" a une résonnance particulière pour Soprano. Bien sûr, la chanson est une référence évidente au dessin animé de Disney "Le roi lion" et à la famille, la transmission des valeurs, mais il est avant tout le vibrant cri du cœur d'un fils qui a perdu son papa le 3 mai 2020, vraisemblablement de la Covid-19. Pour les fans, le disque est également disponible dans un coffret en édition limitée avec deux bonus tracks, "Amour des miens" et "Cher Daniel" ainsi que des produits dérivés.

A noter qu'après des concerts estivaux, Soprano repartira en tournée dans le cadre du "Chasseur d'étoiles Tour" avec 4 villes, 4 stades en 2022, soit le 11 juin à Lyon, le 18 juin à Marseille, le 25 juin à Bordeaux et le 2 juillet au Stade de France.

En 16 titres (pour la version standard), "Chasseur d'étoiles" prouve que Soprano s'inscrit durablement dans l'étincelante constellation de la chanson française, en illuminant notre quotidien grâce à son talent et à sa générosité.

Album "Chasseur d'étoiles" de Soprano REC.118/Warner 2021

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