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Clip "Let's Love" de David Guetta & Sia 2020

Publié le par Annie et Kristel

Pour leur nouvelle collaboration, "Let's Love" au son totalement 80's, David Guetta et Sia nous emmènent dans un monde rétro-futuriste et virtuel accompagnée d'un clip célébrant l'amour universel grâce à la technologie...

Depuis le succès mondial de "Titanium" en 2011, qui devait à l'origine être interprété par Katy Perry, David Guetta et Sia travaillent régulièrement ensemble, et nous offrent des tubes planétaires tels que "She Wolf (Falling To Pieces)" (2012), "Bang My Head" (2015) ou encore "Flames" (2018), s'assurant de créer l'événement dès que leurs deux noms sont associés.

Comme le dit si bien le DJ, leurs débuts côte à côte ont été prolifiques. Il s'estime chanceux d'avoir connu la chanteuse à l'époque de "Titanium", un moment où elle avait décidé de se consacrer pleinement à sa carrière artistique en plein essor. Depuis, une complicité amicale est née, et bien que Sia soit très sollicitée, celle-ci est toujours là pour son ami avec des projets musicaux menés à leur terme. Alors, forcément, lorsque le tandem a teasé sa nouvelle chanson "Let's Love" sur TikTok, les fans ont été aux anges.

Pour la petite histoire, ce titre a vu le jour pendant le confinement. Durant cette période d'isolement, David Guetta a souhaité proposer une musique à l'énergie positive. Adorant produire habituellement des sons pour les clubs, il a eu envie, en parallèle et face à cette ambiance actuelle particulièrement morose, de créer des chansons Feel Good. "Le's Love" délivre un message d'amour, d'espoir et rassemble le public, sublimé par la brillante partie vocale de Sia, avec la folle envie de retrouver l'esprit de liberté des années 80, comme le raconte David : "C'est un petit peu inspiré par Pat Benatar et quand je l'ai dit à Sia, elle m'a répondu : "Mais c'est dingue. Je suis la plus grande fan de Pat Benatar. Comment tu sais ça ?" Je n'en savais rien. Nous avons toujours cette connexion magique entre nous."

Véritable hymne au doux parfum d'antan sur fond de synthétiseurs, "Let's Love" est illustré par un clip rétro-futuriste se rapprochant du film "Ready Player One" de Steven Spielberg sorti en 2018. Fuyant la triste réalité du monde qui l'entoure, un jeune homme se réfugie dans un univers virtuel où il fait la rencontre d'une fille dans un jeu vidéo dont il tombe amoureux. Si leur relation est parsemée d'embûches, il cache également un secret : ce sont en fait deux garçons pas si éloignés que cela qui se sont séduits à travers leurs avatars, bien que l'un d'entre eux l'ignore. Une belle preuve de tolérance qui démontre que les sentiments transcendent les genres, les conditions sociales et les barrières.

"Let's Love", un superbe clip aux accents nostalgiques, qui vous fera voyager à travers le temps en musique grâce au talent de David Guetta et Sia...

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Clip "Le Cœur Holiday" de Mika Feat Soprano 2020

Publié le par Annie et Kristel

Mika et Soprano s'animent à l'occasion du clip "Le Cœur Holiday" afin de célébrer les liens de l'amitié, plus que jamais essentiels en ces temps difficiles...

Souvenez-vous : le 4 août 2020, Beyrouth a été frappée en plein cœur du centre-ville et du port par des explosions meurtrières. Mika, profondément bouleversé par cette tragédie survenue dans sa ville natale, a décidé d'organiser un concert caritatif virtuel intitulé "I Love Beirut" diffusé en direct sur les plateformes le 19 septembre dernier, et dont tous les bénéfices ont été reversés à La Croix-Rouge libanaise et l'association "Save The Children Liban" afin de soutenir la reconstruction de la ville touchée par la catastrophe. Une très belle initiative de la part d'un musicien généreux qui a voulu apporter sa contribution, son aide et son soutien indéniables au Liban.

Parallèlement, en marge de son album "Live From Brooklyn Steel", Mika est revenu avec "Le Cœur Holiday", une nouvelle chanson pleine d'espoir qu'il partage en compagnie de son ami Soprano, rencontré sur la 8ème saison de "The Voice", qui a vu naître une belle complicité. Pour Mika, "Le Cœur Holiday", titre enregistré il y a déjà quelques temps, est un rappel à garder la tête et le cœur brillants, qui prend tout son sens en ce moment. "Et quand tu tombes à genoux, garde le cœur en fête/Garde le cœur debout, garde le cœur Holiday" chantent les deux artistes sur le refrain enjoué et positif du single, voulu comme un hymne à la fraternité.

Deux univers diamétralement opposés, à la fois pop, coloré, et plus sombre, urbain, finalement complémentaires, réunis le temps d'une chanson touchante, émouvante, parfaitement en accord avec le clip en animation du "Cœur Holiday" empreint de tendresse. Une rencontre et une amitié tout à fait inattendues entre une panthère et un écureuil au milieu d'une nature sauvage et hostile, prêts à tout pour se protéger mutuellement ; voilà le sujet mis en avant par Mika et Soprano, comme une métaphore de leur lien et qui voit aussi apparaître leurs doubles toons (animés) à la fin de la vidéo. Entre "Le Livre de la jungle" et "Le Roi Lion", l'influence des dessins animés Disney est bien présente avec des décors qui leur sont directement inspirés, mais aussi le sentiment que la vie peut être aussi belle que cruelle.

Profiter, prendre soin de ses proches : un message important délivré par "Le Cœur Holiday", une chanson Feel Good accompagnée d'un clip porteur d'espoir...

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Série "The Good Fight" Saisons 1/2/3 DVD CBS 2017/2020

Publié le par Annie et Kristel

Alors que nous avons tous les yeux rivés sur les résultats des élections présidentielles américaines qui seront très prochainement dévoilés, retour sur la série "The Good Fight", spin-off de "The Good Wife", ouvertement engagée anti-Donald Trump...

L'histoire : durant les saisons précédentes de "The Good Fight", le monde avait perdu la raison, mais dans la troisième, récemment sortie en DVD, c'est la résistance qui prime. Diane Lockhart essaye de déterminer si on peut affronter un gouvernement de fous sans le devenir. Adrian Boseman et Liz Reddick combattent une société post-vérité où les avocats maîtrisant la communication l'emportent sur ceux qui se concentrent sur les faits...

Un spin-off est toujours un pari risqué, surtout lorsqu'il est issu d'une série aussi brillante que "The Good Wife" ("TGW"). Mais force est de constater que bien qu'appartenant à la même famille, "The Good Fight" ("TGF") parvient à s'en émanciper avec classe. En 2009, Robert et Michelle King créent "TGW" sur la chaîne CBS avec Julianna Margulies dans le rôle principal d'Alicia Florrick. Série dramatique mêlant politique et chronique judiciaire, elle s'avère être une incontestable réussite narrative mais également dans la pertinence de son propos et développement. Bien plus qu'une série sur des avocats, elle explore de nouveaux horizons en dénonçant subtilement les dérives d'une Amérique divisée et complexe, tout en évoquant l'actualité du moment. C'est ainsi qu'en 2016, après sept saisons, "The Good Wife" s'achève. Pourtant, une huitième aurait dû voir le jour. Cette année-là, CBS l'envisageait, au regard de la qualité et des audiences de la série. Mais c'était sans compter sur le refus des créateurs qui estimaient être arrivés au bout de leur histoire tout comme Julianna Margulies confirmant à son tour qu'elle ne souhaitait pas poursuivre l'aventure. Sans sa star et ses auteurs, "TGW" n'avait plus de raison d'être et c'est tout naturellement que CBS décida de l'annuler au terme de la saison 7, sans pour autant dire son dernier mot.

Quelques semaines plus tard, la chaîne commande le pilote d'un spin-off baptisé "The Good Fight" dont l'excellente Christine Baranski qui interprétait Diane Lockhart dans "The Good Wife" sera la tête d'affiche. Toujours écrite par les King, cette série est présentée comme différente de son aînée, même si elle en conserve le style et certains personnages. Si il est tentant de se demander pourquoi ne pas avoir simplement continué "TGW" sans Julianna Margulies, la réponse est évidente : parce que "TGF" va beaucoup plus loin en se basant principalement sur l'ère Donald Trump qui lui sert de point de départ, là où "TGW" se déroulait sous l'administration de Barack Obama.

Cette dernière a toujours eu un ancrage politique très fort par le biais du mari d'Alicia, gouverneur démocrate de l'Illinois par qui le scandale arrive. Une façon pour les King d'évoquer la vie institutionnelle de leur pays avec les noms des principaux dirigeants politiques conservés, les débats opposant démocrates et républicains abordés dans plusieurs épisodes, les ravages de la politique américaine mis à nu. Bref, "TGW" était une série de qualité qui n'hésitait jamais à dévoiler les travers, excès, erreurs, et les justes combats de la société outre-Atlantique. Difficile de savoir si les King avaient pressenti la victoire de Donald Trump dont ils ne partagent visiblement aucune conviction, comme beaucoup d'artistes mobilisés contre lui.

En tout cas, ils le font savoir dès que l'occasion se présente avec un moyen d'expression adapté : si CBS a accepté de diffuser le pilote, "TGF" était ensuite destiné au service de VOD de la chaine, CBS All Access, bien plus libre dans son ton. C'est ce que les King souhaitaient avec pour volonté de raconter autre chose, de davantage engagé, ce que ne permettait pas "TGW". En effet, certains personnages n'y avaient plus leur place, tandis que des nouveaux ne demandaient qu'à entrer en scène. En outre, les créateurs ont ajouté dans la saison 3 de courts dessins animés chantés (les "The Good Fight Short") permettant de développer rapidement certaines idées, contrairement à celles d'une chaîne nationale. Amusant mais déroutant, tout comme l'emploi du monologue montrant les personnages qui expriment soudainement leurs pensées de façon à la fois Shakespearienne mais avec la King's touch.

"TGF" est assurément une série de l'avènement Donald Trump qui n'hésite pas à se revendiquer comme une satire de la vie politique ou du brûlot anti-Trump par moment. Un parti pris volontaire, évident, ayant entrainé quelques tensions en coulisses. En effet, cette revendication et ces charges étaient par instant si puissantes que la saison 3 a donné lieu à un bras de fer entre les King et CBS qui souhaitait censurer une séquence animée. Finalement, un accord a été trouvé et un panneau indiquant la censure de la chaîne apparaît dans l'épisode 8 de la saison en question. Et dire que le pilote avait été tourné avant l'élection de Donald Trump dont il existe deux versions, l'autre débutant avec la victoire d'Hillary Clinton. Est-ce que "TGF" aurait été différente ? Impossible de le savoir, mais une chose est sûre : les King ne se contentent pas de dénoncer les agissements de Trump puisqu'ils s'attaquent aussi au racisme, hélas bien trop présent aux USA, et à la place de la communauté noire au sein de la société US depuis les débuts de la série.

Tout débute un an après le final de "TGW" avec une énorme escroquerie orchestrée par Henry Rindell (Paul Guilfoyle-"Les Experts Las Vegas") détruisant la réputation de sa fille, la jeune avocate Maya (Rose Leslie-"Game Of Thrones" et Madame Kit Harrington alias Jon Snow à la ville), réduisant à néant les économies de sa marraine et mentor Diane Lockhart (Christine Baranski). Les deux femmes décident ainsi de rejoindre le cabinet de Reddick (Louis Gossett Jr), Boseman (Delroy Lindo) et Kolstad (Erica Tazel) dirigé par des associés afros-américains, et qui se distingue en traitant des affaires en lien avec la brutalité policière dans l'Illinois. Des différents vont également opposer les employés noirs et blancs dans la saison 3 en raison d'une inégalité salariale. Exit les Florrick et la majorité des protagonistes de "The Good Wife". Marissa Gold (Sarah Steele) et Lucca Quinn (Cush Jumbo), seconds rôles dans la série originale, sont de retour aux côtés de Diane ainsi que quelques invités prestigieux parmi lesquels Carrie Preston, Michael J.Fox ou encore Matthew Perry, déjà vus dans "TGW", auxquels viennent s'ajouter dans la saison 3 Gina Gershon en vrai-faux sosie de Melania Trump et le redoutable Michael Sheen ("Masters Of Sex"). On pourra juste regretter que le personnage de Maya soit moins présent en raison de son éviction du cabinet à la suite du fameux conflit opposant les salariés.

L'avantage de "The Good Fight" est qu'on peut la regarder sans pour autant avoir vu "The Good Wife", bien qu'en étant son spin-off et une suite directe, avec des anciens et des nouveaux personnages. L'histoire est bien différente et ne fait jamais de lien direct avec son aînée, même si nous y retrouvons Diane et son mari Kurt (Gary Cole) qui lui sera d'une aide précieuse lors de la saison 3.

"The Good Fight" porte bien son nom et la saison 3, toujours très engagée politiquement, est un point d'orgue brillant mais dérangeant, l'omniprésence de Donald Trump prenant le pas sur tout le reste. Bien sûr, il faut accepter une production ouvertement démocrate, ce qui n'est pas un problème. Reste une série intelligente comme l'était "The Good Wife", dans la continuité de cette dernière tout en ayant su s'en démarquer. Elle bénéficie également d'un casting impeccable porté avec brio par Christine Baranski, forte et fragile à la fois.

A l'approche des résultats des élections présidentielles américaines, "TGF" est plus que jamais d'actualité. Au cours de son mandat, Donald Trump aura réussi à diviser et à affaiblir un pays puissant, attiser la haine au lieu d'apaiser les esprits et aggraver des problèmes déjà présents sans oublier une mauvaise gestion de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Cependant, tout espoir n'est pas perdu, et le combat de "TGF" n'est pas encore terminé...

Série "The Good Fight" Saisons 1/2/3 DVD CBS 2017/2020

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Album "Chromatica" de Lady Gaga Interscope/Streamline Records 2020

Publié le par Annie et Kristel

Zoom sur Lady Gaga à l'occasion de la sortie de son nouvel album "Chromatica"...

Déjà le sixième opus pour Lady Gaga, une musicienne accomplie qu'on ne présente plus, et dont nous suivons la carrière depuis ses débuts. Révélée par "Just Dance" avec la participation de Akon, la Mother Monster a fait du chemin depuis, ponctué par des tubes toniques comme "Poker Face", "Paparazzi", "Bad Romance", "Alejandro", "Telephone" en duo avec Beyonce (extraits de "The Fame Monster").

S'en sont suivis "Born This Way", "Judas", "Yoü And I", "The Edge Of Glory" feat le regretté Clarence Clemons, "Marry The Night" (parus sur "Born This Way"), "Venus", "Applause" (disponibles sur "Artpop") avant de changer de direction musicale, plus sobre, intimiste, moins dansante avec l'album "Joanne" produit par Mark Ronson, en hommage à sa grand-mère disparue, portés par les singles "Perfect Illusion", "Million Reasons", "John Wayne" et "Angel Down".

Le public connaissait jusqu'a présent Lady Gaga sous un jour excentrique, notamment par ses clips sexy chic, à l'univers sombre, tourmenté, empreint de mysticisme, et où planait l'influence de Madonna, sans oublier ses tenues dont la fameuse robe en viande qui avait enflammé les esprits. Ses déboires sentimentaux, son enfance aisée, son goût pour la mode et sa célébrité chèrement acquise (au départ, personne ne pensait qu'elle deviendrait une star) étaient autant de thèmes présents dans ses chansons qui auraient pu faire injustement oublier à ses détracteurs que Lady Gaga, artiste à l'oreille absolue, avait du talent.

Mais le changement opéré avec l'album "Joanne" a été suivi du succès planétaire, récompensé et mérité du long-métrage "A Star Is Born", nouvelle adaptation d'un classique hollywoodien au charme indémodable. Un temps associés à ce projet, Clint Eastwood pour la réalisation et Beyonce en vedette, les deux stars ont ensuite jeté l'éponge, remplacés par l'irrésistible et attachant duo Lady Gaga (dans son premier grand rôle au cinéma après des apparitions dans des films et séries) et Bradley Cooper, ce dernier officiant devant et derrière la caméra. Avec une alchimie évidente et des titres phares de la bande-son tels que "Shallow", "Always Remenber Us This Way" et "I'll Never Love Again" en guise de conclusion, le remake efficace et dans l'air du temps ne pouvait que nous séduire, grâce également aux collaborations de Mark Ronson et Lukas Nelson, fils de Willie, qui apparaît aussi dans le film.

Surtout, il nous a permis de découvrir une autre facette de Lady Gaga, qui a fini de convaincre les sceptiques sur ses capacités artistiques : peu maquillée, sans tatouages, plus blonde mais châtain, avec une voix forte, puissante et emplie d'émotion, celle de vouloir réussir grâce à sa passion pour la musique. C'est d'ailleurs pour cela que nous vous en parlions dans notre dernière chronique consacrée au film "Wild Rose" pour leurs ressemblances et différences : un sujet presque similaire (deux chanteuses en route vers la gloire, non sans embûches) dans un contexte socio-économique différent et son traitement, l'un de façon plus européenne que l'autre. Dans le cas du personnage de Lady Gaga, sa composition parfaite, plus vulnérable et fragile qu'à l'accoutumée, a été un miroir de son propre passé, ses difficultés pour s'imposer, ses complexes. Impossible de ne pas saluer sa performance.

Forte de cette brillante expérience et également à l'initiative du grand concert virtuel "One World" réunissant de nombreux artistes confinés dont les Rolling Stones (voir notre article sur leur clip "Living In A Ghost Town"), mis en place par l'organisation Global Citizen, pour récolter des fonds afin de soutenir les soignants mobilisés face à la pandémie de Coronavirus, Lady Gaga revient avec son sixième album studio placé sous le signe du rose. Le ton (et la couleur) est donné dès le premier single clippé "Stupid Love", de nouveau proche du son Madonna. La parenthèse "A Star Is Born" est bel et bien refermée. A présent, Lady Gaga semble vouloir renouer avec le style musical et visuel qui l'ont fait connaître, flamboyant, avec un zeste de nouveauté, de provocation et un look glamour, au risque d'en dérouter certains.

Une impression confirmée par le second extrait clippé "Rain On Me" en duo avec Ariana Grande, où les poignards et la pluie symbolisent leurs traumatismes : pour Lady Gaga ses problèmes de santé, l'agression sexuelle subie lors de ses débuts, les calomnies, et dans le cas de Ariana Grande l'attentat de Manchester perpétré lors de son concert et déjà évoqué dans sa chanson "No Tears Left To Cry". Une complicité et une force commune afin de s'affranchir de ces obstacles en restant dignes sous la pluie.

Enfin, le dernier en date, "911", possède des accents religieux qui ne sont pas sans évoquer l'esprit de "Judas". Les trois vidéos, déjà des hits, sont disponibles à la fin de cette chronique. Ajoutons à cela les participations du girls band de K-Pop BlackPink sur "Sour Candy" et son ami de longue date Elton John avec "Sine From Above". Notre version chroniquée de "Chromatica" est au format digipack Deluxe avec 3 titres supplémentaires venant s'additionner aux 16 déjà existants, soit 19 ("Love Me Right" ainsi que des pistes alternatives de "1000 Doves" et "Stupid Love"), agrémenté d'un superbe livret comportant de nombreuses photos.

Qu'importe l'orientation musicale de Lady Gaga, qui vient par ailleurs d'être choisie pour la campagne publicitaire du parfum "Voce Viva" de Valentino (voir photo ci-dessus), son savoir-faire est indéniable. "Chromatica" est un album solaire, festif, doucement rétro, qui vous fera danser jusqu'au bout de la nuit pour oublier vos soucis en ces temps troublés et vous apporter du rose à l'âme...

Album "Chromatica" de Lady Gaga Interscope/Streamline Records 2020

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Film "Wild Rose" de Tom Harper DVD M6 Vidéo 2019

Publié le par Annie et Kristel

"Wild Rose" est un film dont on a malheureusement peu parlé, si ce n'est pour le comparer à "A Star Is Born" avec le talentueux couple vedette Lady Gaga et Bradley Cooper, dont il est le parfait opposé, avant tout parce qu'il s'agit ici d'un long-métrage anglais avec un point de vue différent, plus intimiste et social, proche de Ken Loach, où la musique country y est reine. Deux facettes d'un même rêve de gloire...

L'histoire : Récemment sortie de prison et de retour auprès de ses deux enfants, Rose-Lynn n'a qu'une obsession : quitter Glasgow pour devenir chanteuse de country à Nashville. Hésitant entre sa passion et son rôle de mère, la jeune femme va devoir faire des choix.

Pas évident de concevoir un récit où la vedette est la musique country, tant elle souffre d'une mauvaise image, considérée à tort comme ringarde. Pourtant, ce film relève le pari avec brio. Le scénario de Nicole Taylor, véritable fan de ce style depuis l'âge de douze ans, n'y est pas étranger. Elle s'est inspirée de sa propre passion afin d'écrire "Wild Rose" et en a situé l'action dans sa ville, Glasgow. Nicole Taylor décrit la country, son exutoire, ainsi : "Une musique plaisant beaucoup aux gens qui n'ont pas l'habitude de faire part de leurs sentiments. Mais quand ils entendent de la country, une musique pure et brute qui n'a pas peur d'être sentimentale, ils vivent une expérience cathartique."

Outre son affection pour la country, Nicole Taylor a imaginé le personnage de Rose-Lynn en pensant à la prestation d'une candidate de télé-crochet, mère de cinq enfants dont deux placés dans des institutions. La scénariste s'est posée la question de savoir si cette jeune femme devait choisir entre sa passion et sa vie de famille. Une interrogation demeurée sans réponse.

Etonnant clin d'œil du destin quand on sait que l'interprète de Rose-Lynn, Jessie Buckley a aussi participé au télé-crochet britannique "I'd Do Anything" en 2008 sur la BBC, dont elle a été finaliste. C'est le réalisateur Tom Harper qui a eu l'idée de solliciter Jessie Buckley qu'il avait déjà dirigée dans la mini-série "Guerre Et Paix". Pour lui, c'était une évidence quand il a découvert le personnage, fait pour cette brillante comédienne et chanteuse. Quasie-inconnue lors du casting de "Wild Rose", Jessie Buckley n'était pas le premier choix des producteurs, et Tom Harper a dû de battre pour l'imposer.

Une décision judicieuse. Preuve en est avec son émouvante interprétation de Rose-Lynn, tour à tour immature, drôle, agressive, sûre d'elle et vulnérable. La force du film réside dans son audace à dépeindre les défauts et les égarements du rôle pour la rendre plus humaine, crédible, en définitive proche de nous. Certes, Rose-Lynn n'est pas parfaite mais ce sont ses erreurs qui vont lui permettre d'avancer, se remettre en question, comprendre ses priorités en accordant plus de temps à sa famille, quitter sa condition sociale difficile sans pour autant renoncer à ses rêves.

Face à Jessie Buckley, Julie Walters interprète Marion, la mère de Rose-Lynn, un véritable pilier dans sa vie, une femme bouleversante, guidée par ses convictions et son amour pour sa fille et ses petits-enfants.

Question musique, le compositeur et superviseur musical Jack Arnold a envoyé à Jessie Buckley, qui n'était jusqu'alors pas familière avec la country, une liste de huit artistes emblématiques de ce style. Elle les a aussitôt écouté, particulièrement séduite par Emmylou Harris et Bonnie Raitt. Nicole Taylor et Jessie Buckley ont écrit les superbes chansons du film comme s'il s'agissait du premier album de Rose-Lynn. Une expérience incroyable et naturelle pour les deux femmes grâce à leur amour commun pour la musique, véritable complicité artistique.

Le tournage de "Wild Rose" s'est déroulé à Glasgow et Nashville, deux villes où la musique y tient une place d'honneur. Glasgow est d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO pour la musique, tandis que Nashville est l'un des grands centres de l'industrie du disque aux Etats-Unis, en particulier country. L'équipe y a investi le Ryman Auditorium, salle de concert mythique de Nashville où se sont notamment produits Johnny Cash, Dolly Parton, Emmylou Harris ou encore Elvis Presley alias The King. Un temple encore empreint de la présence de tous ces grands musiciens, pour une très belle scène du film, un moment-clé.

Plus surprenant, la magnifique chanson finale de "Wild Rose" a été écrite par l'actrice Mary Steenburgen. Parmi la centaine de propositions reçues par Universal music, émanant notamment d'artistes de Nashville, celle de la comédienne a séduit l'équipe par sa sincérité et sa causticité, sans doute parce que son auteure, grâce à son métier, a pu mieux comprendre leurs attentes en signant un texte sublime.

"Wild Rose", un long-métrage qui nous fait passer du royaume de l'ombre à la lumière avec une BOF exceptionnelle, portée par la voix poignante de Jessie Buckley chantant son désespoir pour mieux atteindre les étoiles...

Film "Wild Rose" de Tom Harper DVD M6 Vidéo 2019

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Clip "Pendant 24h" de Grand Corps Malade et Suzane 2020

Publié le par Annie et Kristel

Nouvel extrait clippé de son album "MESDAMES", "Pendant 24h" voit Grand Corps Malade échanger son corps avec celui de Suzane afin de se moquer gentiment des préjugés homme-femme. Explications, en attendant de le découvrir à la fin de cette chronique...

Pour son opus "MESDAMES", Grand Corps Malade a décidé de "mettre à l'honneur la gent féminine", selon ses propres termes, en dix chansons enregistrées avec dix artistes féminines, toutes générations confondues. Le slameur a ainsi suivi avec attention l'émergence des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, et ressenti le besoin d'exprimer en musique ses questionnements d'un point de vue masculin. "A quel moment ? Qui a décidé que les femmes étaient moins bien que les hommes ? Voilà, il y a beaucoup de choses que je trouve aberrantes. J'ai l'impression qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour qu'on arrive à cette fameuse égalité.", explique Fabien Marsaud (son véritable patronyme), à l'antenne de France Info. 

Avec Mosimann à la production, Grand Corps Malade partage le micro en compagnie de Véronique Sanson, Laura Smet, les sœurs Julie et Camille Berthollet, Manon, Alicia et Amuse-bouche pour cet album concept pertinent, porté par le succès surprise de l'émouvant "MAIS JE T'AIME" (récemment chroniqué sur notre blog) aux côtés de l'humoriste et chanteuse Camille Lellouche. Dans "Derrière le brouillard", c'est en collaboration avec Louane qu'il raconte sur des notes électros comment la musique a sauvé son existence.

Une autre révélation l'accompagne sur le single "Pendant 24h", nouvel extrait de "MESDAMES": Suzane. Dans cette chanson percutante, Grand Corps Malade échange son corps avec celui de la gagnante des dernières Victoires de la musique, pour mieux lutter contre les idées reçues. Comme le décrypte si bien Fabien: "Moi, je me mets dans la peau d'une femme et Suzane dans la peau d'un homme. C'est une chanson qu'on aime bien parce qu'elle dit des choses, et en même temps on s'amuse aussi à se jouer des clichés. Elle écorche bien comme il faut certains beaux travers de la gent masculine et moi, je m'amuse à dire que les femmes ne savent pas faire les créneaux."

Ce feat est comme une suite logique pour Suzane, habituées aux titres coups de poing, qui dénonçait le harcèlement de rue dans sa chanson "SLT", louant en interview la bienveillance de Grand Corps Malade et leurs styles musicaux finalement assez proches, en particulier avec "Pendant 24h". La réalisation du clip a été confiée à Mehdi Idir, fidèle collaborateur avec Jean-Rachid à la production, de Fabien sur ses films "Patients" (2016) et "La vie scolaire" (2019) avec comme thème l'inversion des rôles, donc des sexes, non sans humour. Pour arriver à leurs fins, nos deux héros consultent un mystérieux et farfelu chaman, incarné par Milan Kallouche (du label de Grand Corps Malade, Anouche Productions), amateur de chorba et de chat, qui va leur permettre de se glisser dans la peau de l'autre pendant 24 heures. Le musicien va alors faire l'étrange expérience de comprendre "la charge mentale", d'être interpellée en pleine rue, et "critiquer les gens avec ses copines du matin au soir", pendant que Suzane, sous les traits de Grand Corps Malade, va pouvoir faire la fête avec ses potes, et se libérer de la pression sociétale de l'horloge biologique : "Si je veux pas d'enfant/Personne en fera tout un cirque."

"Pendant 24h", un clip savoureux à la fin surprenante, qui traite d'un sujet grave sur une idée de Suzane, plus que jamais d'actualité, avec néanmoins une touche de légèreté...

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Livre "Ensemble, on aboie en silence" de Gringe Editions Harper Collins (Traversée)/Wagram Livres 2020

Publié le par Annie et Kristel

La schizophrénie est une maladie complexe, sournoise, qui apparaît en général à l'adolescence, alors que l'on découvre la vie et ses mystères. Avec ce récit, Gringe est redevenu Guillaume, le grand frère de Thibault, afin de nous faire partager son expérience à ses côtés.

Présentation : Deux frères. L'un, candide, l'autre, rageur. Leurs parents ont mis au monde la parfaite antithèse. Quand Thibault fonce, Guillaume calcule. Si Thibault tombe, Guillaume dissimule. Prise de risque contre principe de précaution. L'amour du risque face à l'art de ne jamais perdre. En 2001, Thibault est diagnostiqué schizophrène. A cela, un grand frère ne peut rien. Sa bascule, il fallait la raconter. Et aussi la culpabilité, les traitements, la honte, les visions, l'amour, les voyages, les rires, la musique et l'espoir. Alors, Thibault a accepté de livrer ses folles histoires. Et ses voix se sont unies à celle de son frère. Contre une maladie qui renferme tous les maux, les clichés, les fardeaux, ils ont livré bataille. A partir d'une tragédie universelle, ils ont composé un livre où douleur et mélancolie côtoient la plus vibrante tendresse.

Comme vous le savez déjà, Gringe est, tout comme son ami Orelsan, un artiste complet, rappeur, acteur, dont nous vous parlons régulièrement sur le blog. Avec ce premier livre très personnel et autobiographique, il cède sa place à Guillaume Tranchant (son véritable patronyme) et ajoute une corde à son arc, finalement dans la continuité de sa carrière. Ici, nous découvrons le grand frère de Thibault avec qui il a co-écrit l'ouvrage, à quatre mains et deux cœurs, afin de mieux comprendre la schizophrénie. "Ensemble, on aboie en silence", titre soufflé par Thibault, nous a particulièrement touché et ému, d'abord par sa sincérité, la justesse de ses propos, "une déclaration d'amour fraternel", dixit l'auteure Delphine de Vigan à l'occasion de la rentrée littéraire 2020, mais également parce que nous connaissons malheureusement trop bien ce fléau que représente la schizophrénie, un membre de notre famille en étant atteint. Comment ne pas se retrouver dans ce parcours chaotique, ce puzzle aux pièces manquantes et sans cesse changeantes, la peur de voir une personne que l'on aime se métamorphoser et devenir quelqu'un d'autre, incontrôlable, jusqu'à dévoiler son côté sombre, au risque de la perdre ? L'impuissance, la culpabilité de ne pouvoir l'aider davantage. Gringe restitue parfaitement ce ressenti, complété par les écrits de Thibault, poète dans l'âme, qui parvient à conserver cette sensibilité artistique même en période de crise, entre onirisme et fantasmagorie. Passionnés par les voyages, Guillaume et Thibault arrivent à partager des instants de complicité, de petits bonheurs volés, l'émerveillement de découvrir la beauté de la nature ainsi que de lointaines contrées au gré des photographies de Thibault (l'une de ses autres passions) publiées dans le livre, que nous découvrons au fil des pages agrémentées de paroles de chansons inspiratrices.

La pathologie de son frère a toujours été présente dans l'œuvre de Gringe, tout comme ses problèmes familiaux, la séparation de ses parents, la naissance de son demi-frère Nour, son mal-être, notamment dans son superbe album solo "Enfant Lune" (déjà chroniqué sur notre blog) et ses chansons"Scanner" en duo avec Léa Castel ou encore "Pièces Détachées." Une plume poétique, parfois violente, cynique, mais toujours authentique, lucide, et dans le cas du livre, tout en pudeur et retenue. Avec "Ensemble, on aboie en silence", Gringe évoque également à demi-mot sa célébrité, dévoilant par la même occasion sa passion pour le septième art et l'importance d'être acteur, son besoin d'auto-destruction, de liberté sans contrainte, sa crainte de l'engagement pour ne pas briser le fragile équilibre mental de son frère et ainsi ne pas profiter d'une réussite dont il ne se sent pas digne, se punir. Comme il le dit lui-même : "Embrasser ma noirceur, pour que ma lumière ne puisse lui faire de l'ombre. (...) Le grand frère malade de son frère malade. Voilà ce que je suis devenu."

En accompagnement musical du livre, Gringe nous propose l'émouvante chanson "On aboie en silence" directement inspirée par l'ouvrage. Un tourbillon d'émotions dont vous pourrez retrouver le très beau clip anime (lyrics) et évolutif à la fin de cette chronique.

"Ensemble, on aboie en silence", un véritable plaidoyer et un message de tolérance, d'espoir pour tous les malades atteints de schizophrénie et leurs proches, afin de se sentir compris, unis, moins seuls, grâce à l'amour et la foi en l'autre.

Livre "Ensemble, on aboie en silence" de Gringe Editions Harper Collins (Traversée)/Wagram Livres 2020 

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Clip "Tick Tock" de Clean Bandit & Mabel Feat 24 kGoldn 2020

Publié le par Annie et Kristel

C'est toujours avec plaisir que nous découvrons un nouveau clip de Clean Bandit, comme cela avait été le cas avec "Solo" Feat Demi Lovato, déjà chroniqué sur notre blog. "Tick Tock" signe leur grand retour aux côtés de Mabel et de 24kGoldn accompagné d'une vidéo colorée et féerique.

Avec ce single entraînant aux sonorités électro-pop mêlées aux violons, sa marque de fabrique, Clean Bandit nous propose un futur tube en puissance. Révélé en 2013 avec "Rather Be", le trio britannique a poursuivi son ascension avec "Rockabye", "Symphony", "I Miss You" et "Solo", respectivement partagés avec Anne-Marie et Sean Paul, Zara Larsson, Julia Michaels ainsi que Demi Lovato.

Deux ans après l'album "What Is Love?", Clean Bandit compte bien retrouver le sommet des charts avec "Tick Tock" (rien à voir avec le célèbre réseau social du même nom), enregistré avec la fille de la chanteuse Neney Cherry, Mabel, révélée par le hit "Don't Call Me Up", et le rappeur 24kGoldn.

Le clip, pétillant et acidulé, nous entraîne au cœur d'une fête dans une maison ressemblant à une horloge à coucou, au beau milieu d'une forêt magique, bordée de glaciers. Tandis que Mabel enchaîne les chorégraphies, 24kGoldn se pare d'or, et Grace Chatto, figure charismatique de Clean Bandit, se prélasse dans une baignoire remplie de pop-corn.

Mais comme toujours avec Clean Bandit, les apparences sont trompeuses, car en réalité, la chanson, écrite juste avant la pandémie, évoque une relation amoureuse obsessionnelle. En cela, le clip, réalisé par Clean Bandit, prend une direction différente avec une approche plus légère, d'où son charme. Jack Patterson, l'un des membres du groupe, a déclaré que le tourner dans les conditions imposées par le confinement s'était avéré complètement fou, même si la collaboration avec Mabel et 24kGoldn avait été facilitée par une bonne entente.

Contrairement à Mabel, britannique comme Clean Bandit, donc physiquement présente pendant le tournage, l'américain 24kGoldn, retenu à Los Angeles durant le lockdown, n'a pu y participer qu'à distance, comme l'explique Grace Chatto, ce qui ne se voit absolument pas à l'écran grâce aux merveilles de la technologie. 

"Tick Tock", co-écrit par Mabel, 24kGoldn, Kamille, Grace Chatto, Jack Patterson, produit par ces deux derniers et Mark Ralph, est également le premier single du troisième album de Clean Bandit.

A noter qu'une version acoustique de "Tick Tock" sans 24kGoldn, a récemment été mise en ligne avec les participations de Clean Bandit et de Mabel, plus sobre, mettant en valeur la voix de cette dernière. Deux facettes d'un même single solaire que vous pourrez tous deux retrouver à la fin de cette chronique.

"Tick Tock", un condensé de bonne humeur, parfait pour s'évader pendant quelques minutes dans un univers festif et enchanteur, loin de ces temps troublés...

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Série "Lucky Man" Saisons 1/2/3 DVD Koba Films 2016/2018

Publié le par Annie et Kristel

Zoom sur la série "Lucky Man", créée par Stan Lee, dont les saisons 1 et 2 ont récemment été diffusées sur France 2, et qui vous permettra également d'en savoir plus sur la 3ème, inédite en France...

L'histoire : Harry Clayton, inspecteur de police londonien, est chargé d'enquêter sur des crimes crapuleux. En parallèle, sa vie privée est plutôt désastreuse : addict au jeu, criblé de dettes, sa femme le quitte d'ailleurs pour cette raison et son supérieur ne lui fait pas confiance, le dénigrant sans cesse. Épuisé par ces épreuves, Harry fait la rencontre dans un casino d'une femme énigmatique, Eve Alexandri, qui lui offre un mystérieux bracelet porte-bonheur après avoir passé la nuit avec lui.

Grâce à lui, Harry, qui est dans l'impossibilité de le retirer, peut contrôler sa chance, mais les conséquences de ses choix sèment le malheur autour de lui. Malédiction ou super-pouvoir ? Harry Clayton va devoir prendre des décisions importantes liées à ses nouvelles capacités, tout en tentant de regagner la confiance de ses proches, y compris celle de son épouse dont il est toujours amoureux. Au fil des épisodes, en particulier lors de la saison 2, nous apprenons que le bracelet a été forgé il y 2000 ans et que celui-ci ne peut être ôté qu'à la mort du porteur.

Enquête après enquête, Harry retrouve enfin le respect de ses pairs, excepté celui de sa collègue Suri, qu'il a déçue en lui dissimulant la vérité. La vie compliquée de Harry est clairement le fil rouge de "Lucky Man". Progressivement, il arrive à s'habituer au bijou, allant jusqu'à maîtriser, du moins partiellement, sa chance, en l'utilisant entre autres pour résoudre des affaires, plus encore que dans son intimité.

Alors qu'il commence à reprendre le contrôle de son existence, une Lucky Woman s'y invite, Isabella Augustine, une femme envoûtante arborant un talisman identique au sien mais qui, contrairement à Harry, l'utilise à mauvais escient. La cohabitation entre les deux porteurs de bracelets va faire des étincelles. Enfin, dans la saison 3, Harry décide de ne plus être le gardien de la chance, ce qui va l'entraîner à Hong Kong à la recherche du Flambeau, une triade ancestrale qui veille sur les bijoux depuis des siècles.

Mais son chemin croise celui de Samuel Blake, membre du gang meurtrier Wu Chi, qui veut les récupérer par tous les moyens. Harry devra prendre le plus grand des risques... 

"J'ai toujours pensé que la chance était le pouvoir le plus puissant de tous, car si vous êtes chanceux, tout ira bien."

Cette citation de Stan Lee résume parfaitement "Lucky Man", sa dernière œuvre, dont l'idée lui est apparue suite à la question d'un fan qui lui avait demandé quel super-pouvoir Stan Lee aimerait posséder, ce à quoi il avait répondu "La chance." Car oui, cette série britannique a bien été co-créée par le sympathique Stan Lee, digne représentant de la maison Marvel, malheureusement disparu en novembre 2018. Mais non, "Lucky Man" n'est pas estampillée Marvel, donc pas inspirée d'un comics, même si il a ensuite été question d'en écrire une ébauche consacrée aux (mé)saventures de Harry Clayton, qui n'est pas un super-héros. Justement, ce choix étonnant a été justifié par le désir de Stan Lee de se diversifier. On a d'ailleurs pu le voir apparaître, comme à son habitude, en cameo dans plusieurs épisodes de "Lucky Man".

Ce qui fait le sel de la série réside dans le personnage de Harry Clayton, qui pourrait paraître banal, mais en réalité plus complexe qu'il n'y paraît, dépassé par les événements, mais que la proximité d'un pouvoir surprenant va transformer. Brillamment interprété par James Nesbitt ("Le Hobbit", les séries "The Missing" Saison 1 et "Jekyll"), il parvient à rendre cette série atypique, qui acquiert son rythme au fur et à mesure, attachante, palpitante, en insufflant dans un schéma classique du suspense, de l'action et bien sûr du fantastique. Elle repose en effet presque entièrement sur les épaules de Harry Clayton, même si la dynamique est également portée par sa distribution générale, Sienna Guillory (la franchise "Resident evil") dans le rôle de Eve ou Sendhil Ramamurthy ("Heros") dans la peau de Julian Nikhael, le machiavélique directeur de prison, en tête. En outre, cette 3ème saison ne comporte que 8 épisodes contrairement aux deux précédentes (10 chacune).

Elle s'annonce aussi comme l'ultime, sonnant ainsi le glas de la série, sans doute suite à la disparition de Stan Lee, même si rien n'a été officialisé. Mention spéciale pour le générique, original, qui présente de façon concise le cadre londonien et l'histoire, sublimé par la voix de Corinne Bailey Rae avec la chanson "Lucky One".

"Lucky Man", une excellente série fantastico-policière qui mérite qu'on lui laisse sa chance...

Série "Lucky Man" Saisons 1/2/3 DVD Koba Films 2016/2018

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Album "Sainte-Victoire" de Clara Luciani super-édition Initial Artist Services 2019

Publié le par Annie et Kristel

A l'occasion de la récente mise en ligne du clip animé "La Baie" de Clara Luciani, retour sur son album événement "Sainte-Victoire", chroniqué ici en super-édition comprenant 5 titres supplémentaires.

Clara Luciani est devenue grâce à son talent, son charisme, sa volonté, une valeur sûre de la scène musicale française, confirmée par 2 victoires de la musique ; celle de la révélation scène en 2019 et la deuxième en 2020 en tant qu'artiste interprète féminine. Une silhouette gracile, de longs cheveux qui font penser à la discrète Françoise Hardy que Clara apprécie beaucoup, une voix grave et assurée, voilà ce qui caractérise Clara Luciani.

Petit rappel de sa carrière : en 2010, elle se fait connaître au sein du groupe de rock français La Femme en y assurant l'une des voix féminines avant de le quitter et de former le duo Hologram avec Maxime Sokolinski. Puis en 2015/2016, l'auteure-compositrice-interprète accompagne sur scène le chanteur Raphaël dans le cadre de sa tournée "Somnambules". Par la suite, toujours en 2016, elle enregistre un duo avec le rappeur Nekfeu sur le titre "Avant tu riais" pour l'album de ce dernier "Cyborg". Mais sa carrière solo démarre vraiment en 2017 avec la parution de son EP "Monstre d'amour", salué par la critique, composé de 4 titres, en parallèle de sa première partie pour Benjamin Biolay, suivi en 2018 de l'album "Sainte-Victoire" qui reçoit un excellent accueil dans les médias. Depuis, c'est la consécration.

A ce jour, l'opus, certifié double disque de platine, existe en 3 éditions différentes : la première (l'originale au visuel orange) compte 11 titres, la deuxième (réédition au visuel jaune) en comprend 15 dont 4 inédits. Enfin, la dernière (la super-édition au visuel jaune doré en format digipack ou celle dont nous allons vous parler aujourd'hui, orange type édition originale avec boitier cristal) propose 20 chansons dont 5 inédits. En musicienne accomplie (la guitare étant son instrument de prédilection), elle a, comme pour son EP, confié la réalisation et les arrangements de "Sainte-Victoire" à Ambroise Willaume (SAGE, Revolver, Woodkid), Benjamin Lebeau (The Shoes, Julien Doré, Raphaël) mais aussi, petite nouveauté, Yuksek (remixer de Lykke Li, Lana Del Rey, Brigitte).

Nous avons, pour notre part, découvert l'univers à la fois actuel et rétro de Clara Luciani avec sa chanson clippée "La Grenade", un titre fort, percutant, féministe, tout ce qui définit la jeune femme au tempérament affirmé, comme elle le prouve régulièrement sur les réseaux sociaux en soutenant ses convictions (tolérance, droits des femmes et des artistes durant cette grave crise sanitaire). Ses textes sont très personnels, intimes, passionnés, parfois mélancoliques ("On ne meurt pas d'amour"), dont on devine derrière cette force des fêlures, une vulnérabilité, lucide sur notre époque (le bien nommé "Drôle d'époque") ainsi qu'une certaine sensualité ("Emmanuelle"). Les paroles sont également reliées les unes aux autres par des allusions sur son parcours, son album et ses compositions.

"Nue", l'amusant son clippé à l'hôtel Métropole de Bruxelles par Brice VDH avec la participation du chanteur du groupe Feu ! Chatterton, Arthur Teboul, en est la preuve. Mis à part "Comme toi" et "Monstre d'amour", tous deux déjà présents sur le EP de Clara datant de 2017, "Sainte-Victoire" réserve bien des surprises avec deux feats étonnants : "Qu'est-ce que t'es beau" avec Philippe Katerine, une adaptation décalée du titre "Qu'est-ce que t'es belle" par Catherine Ringer et Marc Lavoine, mais surtout "La chanson de Delphine", issue du film culte "Les demoiselles de Rochefort" (qui tient une place importante dans notre cœur) aux côtés du mystérieux Vladimir Cauchemar.

 Un bel hommage rendu à Jacques Demy et Michel Legrand, dans la continuité de la version d'origine, une merveilleuse chanson d'amour. "Ma sœur", véritable ode de Clara Luciani à sa sœur Ehla (Léa de son vrai prénom), elle aussi chanteuse, qui a assuré la première partie de son premier concert à l'Olympia en 2019, est également une chanson phare de l'album, tonique, accompagnée d'un clip toujours réalisé par Brice VDH (Julien Doré, Roméo Elvis, Angèle) et Simon Vanrie, mettant en scène l'artiste aux côtés de sa sœur, du mannequin Caroline De Maigret, de la journaliste et écrivaine Sophie Fontanel, mais aussi des meilleures amies de Clara, Emilie Crambes, Sarah Benabdallah et Lisa Boostani, des moments de belle complicité ponctuées d'images d'archives.

 Enfin, "La Baie", le petit dernier, se décline en deux clips : le premier suivant Clara en tournée avec ses musiciens et le deuxième, sorti récemment en version animée colorée, pleine d'aventure et de fantaisie. "La Baie" est en fait l'adaptation française du titre "The Bay" du groupe britannique Metronomy, issu de leur album "The English Riviera".

Difficile de faire un choix, mais parmi les titres clippés de "Sainte-Victoire", nous en avons sélectionné trois : "Ma sœur", "La chanson de Delphine" et "La Baie" version animée, disponibles à la fin de cette chronique.

Enfin, côté actu récente, sachez que Clara Luciani, actuellement présente en tant que membre du jury au festival du film francophone d'Angoulême (2020), a également repris avec l'un des membres du groupe Franz Ferdinand, Alex Kapranos, "Summer Wine", cover du titre de Nancy Sinatra et de Lee Hazlewood, déjà réinterprété par le regretté Alain Bashung, Lana Del Rey ou encore Bono de U2. La pochette de "Summer Wine", qui ne figure pas sur 'Sainte-Victoire" est dessinée par Clara, excellente illustratrice. Le clip, tourné dans le désert, se veut quand à lui sobre, mettant en avant une alchimie évidente entre les deux artistes.

En attendant la tournée de Clara Luciani en 2021, (re)découvrez cet excellent album au titre prémonitoire "Sainte-Victoire"...

Album "Sainte-Victoire" de Clara Luciani super-édition Initial Artist Services 2019

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